Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Le Calendrier Grec, Dans La Civilisation Antique


Le Calendrier Grec Dans La Civilisation Antique1

L’observation des phénomènes astronomique et climatique du milieu où ils vivaient — comme le déplacement régulier de l’ombre, le cycle lunaire ou le retour des saisons — a servi de points de repère pour structurer la vie agricole, sociale et religieuse des différentes civilisations de notre planète.


Le calendrier grec, chapeautant aussi bien le calendrier athénien que macédonien, était empreint de vie politique et de vie religieuse. À Athènes, par exemple, l’année lunaire d’un an, ou la période de 6 mois portaient le nom d’un fonctionnaire grec, ou d’un prêtre.

Le Calendrier Grec Dans La Civilisation Antique2

La carte, ici présente, de la Grèce antique ne révèle pas toute l’étendue de l’Empire. En effet, la Grèce ancienne s’étendait de la Méditerranée occidentale (Marseille) et orientale (Asie Mineure et Grande-Grèce) jusqu’au Moyen-Orient et à l’Égypte ptolémaïque. Le calendrier grec utilisait les calendriers civils et religieux.

Calendrier Grec : Calendriers Civils Et Religieux Côte À Côte

Les premières sources (tablettes d’argile du XIIIe siècle av. J.-C., les écrits d’Homère et d’Hésiode) impliquent l’utilisation des mois lunaires. D’Hésiode, nous connaissons l’utilisation des constellations et des groupes d’étoiles; par exemple, la moisson coïncide avec le lever du groupe d’étoiles connu sous le nom de Pléiades. Cette utilisation simultanée des calendriers civils et religieux est caractéristique du peuple grec tout comme le décompte du temps par les Égyptiens.

À l’époque classique et plus tard, les mois, appelés du nom des festivités de la ville, commençaient en principe avec une Nouvelle Lune. L’année lunaire de 12 mois, et d’environ 354 jours, devait être appariée avec l’année solaire en insérant un mois supplémentaire tous les 2 ans. Les Macédoniens ont employé ce système jusqu’au IIIe siècle av. J.-C., bien que 25 mois lunaires fassent environ 737 jours, alors que deux années solaires comptent 730 jours.

La disparité apparut dès la deuxième moitié du Ve siècle av. J.-C., à ceci près que le calendrier utilisé n’était plus en accord avec les phases de la Lune. Les villes intercalaient, ajoutaient ou encore omettaient des mois ou des jours à volonté, pour ajuster leur calendrier sur le cours du soleil et des étoiles et également pour leur propre convenance, par exemple, pour reculer ou avancer une fête sans changer sa date traditionnelle.

La Nouvelle Lune pouvait être en désaccord de bien des jours avec la véritable Nouvelle Lune, au IIe siècle av. J.-C. des documents athéniens énuméraient, côte à côte, les dates civiles et lunaires. Ainsi, les mois lunaires pouvaient diverger grandement entre les différentes villes. Des astronomes, tels que Méton ou Callippe, qui en 432 av. J.-C. avaient calculé certains cycles, n’ont pas été suivis par les politiciens, qui se sont raccrochés à leur puissance populaire.

L’Année Lunaire Au Nom Du Fonctionnaire Ou De L’archonte

L’année civile (etos) a pareillement été dissociée de l’année normale (eniautos). Les charges d’un fonctionnaire ou d’un prêtre correspondaient à l’année lunaire, ou à 6 mois; cette période a donné son nom à une période de temps. À Athènes, par exemple, l’année commençait le Ier jour de Hecatombaion (Hecatombaion), vers le milieu de l’été, quand le nouvel archonte entrait dans ses fonctions, et l’année était indiquée de son nom; par exemple, « Quand Callimède était archonte », 360-359 av. J.-C. Il n’y avait pas de fête à chaque nouvelle année.

Comme l’année de l’archonte était de longueur indéfinie et imprévisible, l’administration athénienne, pour sa comptabilité, utilisait un calendrier quelconque. Le citoyen commun employait, avec les mois civils, les saisons, basées sur l’observation directe des phases de la Lune et sur l’aspect des étoiles fixes. Un dispositif (appelé un parapegme) existait, avec des jalons mobiles, pour indiquer une correspondance approximative, par exemple, l’étoile Arcturus et la date civile.

Après la conquête d’Alexandre le Grand de l’Empire persan, le calendrier macédonien est tenu pour s’être largement répandu dans l’est. Cependant, en Égypte, il a été supplanté par l’année égyptienne à la fin du IIIe siècle av. J.-C. Les Séleucides ont adapté l’année macédonienne au cycle des 19 ans babyloniens. Mais, les villes grecques se sont accrochées à leur système arbitraire de temps, même après l’introduction du calendrier julien dans tout l’Empire romain, et ce jusqu’en 200 de notre ère où elles ont employé l’octaétéride désuet.

Noms Des Mois Athéniens Et Macédoniens

Les mois athéniens se sont appelés Hecatombaion (vers le milieu de l’été), Metageitnion, Boedromion, Pyanopsion, Maimacterion, Poseideion, Gamelion, Anthesterion, Elaphebolion, Mounychion, Thargelion, et Scirophorion. La position du mois intercalaire changeait. 

Chaque mois, en principe, se composait de 30 jours, mais tous les 6 mois un jour était omis. Les jours étaient numérotés dans chacune des trois décades du mois. Ainsi, par exemple, le 16e jour de Hecatombaion était appelé « 6e jour après le 10e de Hecatombaion ».

Les mois macédoniens étaient Dios (le Rassemblement), Apellaios, Audynaios, Peritios, Dystros, Xanthicos, Artemisios, Daisios, Panemos, Loos, Gorpiaios, et Hyperberetaios.

Dans le calendrier Séleucide, Dios a été identifié avec le Tashritu babylonien, Apellaios avec Arakhsamna, et ainsi de suite. Semblables au modèle civil babylonien, les heures de jour et de nuit ont été divisées en quatre périodes dont le total donnait 12 heures (inégales).

Ainsi, la durée d’une heure a oscillé approximativement entre 45 et 75 minutes actuelles, selon les saisons. La division des saisons était à l’origine bipartie comme à Babylone (été et hiver), mais quatre saisons sont déjà certifiées environ 650 av. J.-C.


Extrait de « Futura-Sciences »


Aron O’Raney
lundi 17 avril 2017