Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Ce Matin…


Ce Matin


Vilain temps au petit matin, de sa fenêtre il contemple au dehors, le ciel sombre et lourd. La pluie fine et dense s’intensifie; balayant le chemin elle obscurcit le paysage avoisinant.

Des souvenirs viennent à lui; mal du pays, mal-être, la grisaille s’installe. Il relit avec tristesse quelques écrits échangés durant l’année 1999, avec son unique ami, après que celui-ci ait quitté définitivement la France. 

Aujourd’hui, il se remémore le départ de l’aéroport de Nice. Des difficultés matérielles et une rupture familiale ont contraint son ami à retourner dans son Liban natal. Ce dernier adieu semble à la fois proche et hors de son trouble passé.

À l’époque, il était encore en activité, Il travaillait dans ses bureaux de Nice, proches de l’aéroport. Sa vie n’était pas un long fleuve tranquille, car il se débattait jour après jour dans de multiples problèmes, d’ordre financier et familial. 

Aujourd’hui, Le temps parait figé, leurre, illusion, ou la triste réalité qui s’impose aux uns comme aux autres. Il y aura toujours vraisemblablement dans ce monde en décrépitude, infiniment de départs et d’arrivées.

Perdants et gagnants… Nombreux sont ceux qui tournent une page, ou ferment le livre, et s’en vont pour d’autres rives; nombreux sont ceux qui arrivent, le cœur empli d’espoir et d’illusions. 

Sans répit, débuts et fins s’enchaînent. 

Le temps imperturbable poursuit son œuvre, ignorant les vies. Nul ne semble véritablement conscient, chacun est prisonnier, pris dans la nasse d’une société, qui s’agite et gesticule en tous sens. 

Routines, habitudes quotidiennes, encore et toujours des banalités, rien de sincère et profond, ne vient du cœur.

Reprenant le fil de l’instant présent, il relit quelques extraits de texte de l’époque Éssénienne. Puis il se remet, à la préparation de son travail d’écriture, ignorant si pour une fois dans sa vie, il sera capable d’achever ce qu’il a entrepris, avec la même conviction qu’il a aujourd’hui.




Aron O’Raney
Dimanche 4 Janvier 2009