Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

En Parlant de l’Amour-Passion




L’amour-Passion Non Plus N’est Pas L’amour; Il Est Désir Pour Une Image Que Tu Inventes, Il N’est Qu’un Rêve Car Cette Image N’a Rien À Voir Avec La Personne Elle-Même.

De ce fait, quand tu fais véritablement connaissance avec la personne, c’est la désillusion; tu sors d’un rêve qui ne coïncidait pas avec la réalité.

Le propre de tout amour-passion ce sont les attachements, ces désirs qui génèrent jalousie et souffrance, car refuser d’être réaliste fait vivre dans l’insécurité et l’inquiétude de voir s’évanouir tous les rêves.

Les gens éprouvant l’insécurité ne souhaitent pas réellement le bonheur.

Ils redoutent le risque de la liberté et préfèrent la drogue de leurs désirs.

Et avec les désirs viennent la peur, l’anxiété, les tensions et... au bout du compte, la souffrance.

L’amour-passion procure une certaine émotion, une certaine exaltation qui séduisent les personnes manquant de sécurité affective et la société, de même qu’une certaine culture entretiennent ce sentiment et en font commerce.

Quand tu es séduit, tu ne te risques pas à dire toute la vérité de crainte que l’autre ne perde ses illusions car tu sais, au fond, que l’amour-passion se nourrit d’images idéalisées qui ne durent que le temps de l’illusion.

L’amour-passion suppose une manipulation de la vérité et également de l’autre personne afin qu’elle ressente et désire la même chose que toi et que tu puisses la posséder comme un objet propre. 

Ainsi l’amour-passion n’est rien de plus qu’une infirmité et une drogue pour celui qui est incapable, par insécurité, d’aimer librement et joyeusement.

Combien de temps dure la joie de croire que tu as obtenu ce que tu Désirais?

La première bouffée de plaisir est un enchantement, mais elle te livre irrémédiablement à la peur que tu as de perdre l’autre, et quand les doutes s’emparent de toi... 

La tristesse survient à son tour, et avec elle la méfiance et la jalousie. 

Tu passes de l’exaltation au désespoir.


Extrait De « Libres Enfin! »



Anthony De Mello.



Billet proposé par Aron O’Raney