Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Critique Acerbe…


Critique Acerbe

Ce matin lors d’une promenade quotidienne, j’observe les gens qui passent, Les uns comme les autres, se croisent et défilent, le regard absent, la mâchoire crispée, ils marchent ou courent d’un pas énergique et forcé.

Pendant mes sorties sur ce grand boulevard du bord de mer, je ne cesse d’émettre des critiques, concernant les gens âgés, que je vois. 

Hommes et femmes d’âge mûr s’agitent en tous sens, ils s’affichent pour la plupart, affublés de curieuse façon, vêture et gadget à la dernière mode, et pour moi tout ceci frise le ridicule.

Si autant, une débauche de bizarreries, se conçoit aisément parmi les jeunes d’aujourd’hui, cela semble souvent plutôt grotesque et inacceptable chez des personnes d’un âge très muri.

Je regarde ces gens assis sur un banc, ou à même les galets de la plage, les yeux littéralement soudés à l’écran de leur smartphone, de leur montre connectée, ou de la toute dernière nouveauté.

J’observe les marcheurs, et ceux qui courent ou passent à vélos, un appareil sanglé au bras ou porté à la main, les écouteurs rivés aux oreilles.

Aucune de ces personnes, ne désire rater un appel, un email, ou la moindre information de dernière minute, et certains, suivent et contrôlent, leurs efforts et leurs performances.

À tort ou à raison, nombre de ces comportements me semblent ridicules, même si la plupart des autres personnes qui comme moi, déambulent sur cette voie n’y prêtent aucune attention. 

Je M’interroge...

Ne serait-ce pas, arrivés à cet âge plus que mature, que ces hommes et femmes, devraient avoir franchi, « l’au-delà » de la bonne apparence ordinaire, pour s’établir, dans une réalité ultime?  

  En Retrait Du Tumulte, Au Bout De La Grande Jetée...

Là-haut, dans un ciel bleu filamenteux et floconneux, les nuages blancs effilochés tracent de belles arabesques.

Assis sur la jetée les yeux fermés, je sens la chaleur du soleil levant, caresser mon visage, et je perçois le léger clapotis des vagues qui frappe doucement les rochers du môle.

J’aime, quand le temps file entre les doigts, hors de l’ennui, sans que rien se passe, juste le plaisir d’être ici présent, à savourer l’instant fugace. 



Aron O’Raney
Samedi 23 juillet 2016