Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Nous Sommes Tous Liés Les Uns Aux Autres


La Non-Violence En Action

« Dans Le Meilleur Des Cas, La Non-violence Ce N'est Pas Seulement Être Non Violent, Mais C'est Aussi Apporter Du Bien Aux Autres. Si Cela N'est Pas Possible, Tout Au Moins Faut-il Absolument Éviter De Leur Causer Du Tort. »      Dalaï Lama
« L’aptitude À Compatir Se Dessine Lorsqu’on Voit Clairement La Nature De L’inter-Être Et L’interpénétration De Tous Les Êtres. »

Tant de gens s'intéressent au sport. Si vous aimez le football, vous encouragez probablement une équipe et vous vous identifiez aux hommes qui la composent. 

Sans doute êtes-vous un spectateur sur le qui-vive, plein de fougue. Peut-être même poussez-vous le ballon d'un geste du pied ou de la main pour le faire avancer plus vite. Si l'on ne choisit pas son camp, ce n'est pas amusant du tout. 

Dans la guerre aussi nous décidons pour un camp, généralement celui qui est mis en danger. C'est sur ce sentiment que se fondent les mouvements pacifistes. 

Nous nous fâchons, nous crions, mais nous nous élevons rarement au-dessus pour regarder le conflit avec les yeux d'une mère confrontée à une bagarre entre ses deux enfants, qui n'attend qu'une chose : leur réconciliation.

« Afin de pouvoir se combattre, des poussins nés d'une même mère s'appliquent des couleurs sur le visage ». C'est un dicton vietnamien très connu. S'appliquer des couleurs sur le visage, c'est devenir un étranger aux yeux de ses frères et sœurs.

Nous ne pouvons tirer que sur des étrangers. L'effort réel de réconciliation naît d'un regard chargé de compassion, et l'aptitude à compatir se dessine lorsqu'on voit clairement la nature de l'Inter-Être et l'interpénétration de tous les Êtres.

Nous avons peut-être cette chance de connaître quelqu'un dont l'amour va aussi aux animaux et aux plantes. 

Et nous connaissons peut-être également des personnes qui, bien que leur vie ne soit pas menacée, comprennent que la famine, la maladie et l'oppression anéantissent des millions d'êtres humains sur la Terre et cherchent à secourir ceux qui souffrent. 

Ces Personnes Pensent Aux Opprimés, Même Au Milieu De Leurs Propres Contraintes. 

Elles ont compris, du moins jusqu'à un certain point, le caractère interdépendant de la vie. Elles savent que la survie des pays sous-développés ne peut être dissociée de celle des pays matériellement riches et techniquement très développés.

La pauvreté et l'oppression conduisent à la guerre. 

De nos jours, chaque guerre est l'affaire de tous les pays. Le destin d'un pays est relié au destin de tous les autres.

Quand donc les poussins d'une même mère, la Terre, enlèveront-ils les couleurs peintes sur leurs visages et se reconnaîtront-ils comme frères et sœurs?

L'unique manière de faire cesser le danger est que chacun ôte la couleur sur son visage et dise à l'autre : « Je suis ton frère », « Je suis ta sœur ».

Nous sommes l'ensemble de l'humanité et notre vie à tous est une ».


Extrait de « La sérénité de l'instant »
© 1992 Éditions Dangles — Saint-Jean-de-Braye.



Thich Nhat Hahn



Billet Proposé Par Aron O’Raney