Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Oh Amour, Rayon Fou…


Oh amour, rayon fou, oh menace de pourpre 
Tu viens me voir, grimpant par ton frais escalier 

Au château que le temps a couronné de brumes, 
À mon cœur enfermé dans ses pâles murailles.


Personne ne saura que la seule douceur 
Fit peu à peu des cristaux durs comme des villes, 

Que le sang a ouvert d'infortunés tunnels 
Sans que sa monarchie ait surmonté l'hiver.


C'est pour cela, amour, que ta bouche, ta peau, 
Ta lumière et tes peines sont le patrimoine vivant, 

Dons sacrés de la pluie, de la nature
Dont l'accueil fait lever la promesse du grain, 


La tempête du vin secrète dans les caves 
Le flamboiement souterrain de la céréale.


Extrait de « La Centaine d’Amour »


Pablo Neruda



Billet Proposé Par Aron O’Raney