Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Chrétiens En Terre Musulmane…

Depuis le IVe Siècle la vallée de la Qadisha est le bastion de la foi Maronite

Dans les montagnes du nord Liban la vallée de la Qadisha aussi appelée la vallée des saints a servi de refuge aux premiers chrétiens maronites. Fondés à l’aube du moyen âge, ses nombreux monastères sont toujours en activité. Si bien que la vallée a été classée « site sacré » au patrimoine mondial de l’humanité.

Des Chrétiens En Terre Musulmane

Les croisés ont découvert en Orient une mosaïque de communautés chrétiennes qui les ont accueillis en libérateurs. 

Apparues au IVe - Ve siècle, ces Églises étaient majoritairement opposées à Byzance qui les jugeait hérétiques, car leurs divergences portaient sur la nature du Christ. 

Ces communautés ont perduré jusqu'à nos jours où elles constituent dix des douze Églises chrétiennes du Liban Soit 40 % des quatre millions d'habitants du pays.

Les maronites à l'origine, sont des adeptes du monothélisme :

le Christ a deux Natures, mais une seule volonté divine. Ils soutiennent les croisés, si bien que leur église se rallie à Rome en 1182. ils forment aujourd’hui la première communauté chrétienne au Liban soit prés de 900.000 fidèles. 

 La Forteresse Édifiée Sur Le Mont-Pèlerin En 1103 Par Raymond IV De Toulouse, « Raymond De Saint-Gilles » L’un Des Chefs De La Première Croisade.

LE COMTÉ DE TRIPOLI A Été Créé En L’An 1109 Par Bertrand De Toulouse, Dans Ce Liban Des Croisés Où La Ferveur Religieuse Est Encore Vivace.

Sur un mur du château de Tripoli, un milicien chrétien a écrit ces mots d'une main malhabile : « Je suis fatigué parce que j'aime et je suis en solda » Le graffiti date de la guerre civile libanaise, dans les années 1980. Mais il aurait pu être gravé Neuf Cents Ans plus tôt par l'un des trois cents chevaliers de Raymond de Saint-Gilles. 

En 1103, le comte de Toulouse, principal chef de la première croisade, érigea cette forteresse sur le Mont-Pèlerin pour mener le blocus de la Tripoli fatimide. 

À travers ses meurtrières, les Occitans contemplèrent cinq ans durant la cité du cadi Fakhr El-Moulk dont leurs émissaires vantaient les palais raffinés et les jardins mirifiques. Mais Raymond de Saint-Gilles, mort en 1105, ne les vit jamais. 

Pour venir à bout des assiégés, il fallut que son fils Bertrand rassemble depuis Toulouse quatre mille chevaliers provençaux appuyés par quatre-vingts galères génoises. 

Le 12 juillet 1109, après deux mille jours de résistance, la ville, ravagée, tombait aux mains des croisés. Le Comté de Tripoli, le seul des États Latins d'Orient où la langue d’Oc fut parlée, pouvait enfin être fondé. 

De la cité fatimide, il ne reste donc rien. Ni de Triple « la Tripoli des croisés », rasée par les Mamelouks en 1289, excepté une ou deux églises transformées en mosquées. 

Même Les Ruines Du Château Datent Pour L’essentiel De L’époque Ottomane, XVIe Siècle. 

Difficile d'imaginer, du haut de ses remparts, ce que fut le site du temps de Raymond de Saint-Gilles. 

À l'Est, la mythique rivière Qadisha qu'évoque le « Cantique des cantiques », et qui se perdait dans une vaste lagune, est aujourd'hui bétonnée. 

À l’Ouest, la plaine jadis plantée de cannes à sucre, d'oliviers et de vergers, dans laquelle les croisés crurent reconnaître le royaume d'Eden, est désormais envahie par les immeubles en rangs serrés de la Tripoli moderne.

La Capitale Du Nord-Liban S’étend Sur Une Presqu’île Posée Sur La Méditerranée. 

À son extrémité, le port d'EI-Mina occupe l'emplacement de la cité fatimide disparue. Le long de la corniche, Hussein Ali et ses amis pêcheurs trient leurs filets face aux restaurants ombragés de palmiers. 

Les conversations évoquent plutôt les difficultés du métier que les convulsions de la Tripoli médiévale

Pour vraiment remonter le temps, il faut se perdre dans la vieille ville mamelouk et le lacis de ses souks.

Là, au pied du château, les étals des anciens khans « caravansérails » et des boutiques aux enseignes rédigées en français déploient les trésors qui faisaient rêver les croisés :

Épices, bijoux, étoffes exotiques (la ville fatimide comptait quatre mille métiers à tisser la soie), et le savon de Tripoli que les Sarrasins préparaient avec de l'huile.



Billet Proposé Par Aron O’Raney