Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Les Aztèques, Empire Éphémère

 Vue De Palenque Par Fréderic Catherwood (1840)

■ Sur Les Hauts Plâteaux Du Mexique, Les Aztèques, Des Nomades En Provenance De Ce Qu’ils Appellent La « Terre Blanche », Probablement Au Nord-Ouest Du Mexique, Supplantent Les Toltèques.

Arrivés vers 1270, ils s'imposent progressivement aux autres peuples de la région, mais adoptent en même temps de grands pans de leur culture. 

Vainqueurs des Chichimèques, ils ne tardent pas à dominer toute la vallée de l'actuelle Mexico. 

En 1325, ils fondent leur capitale, Tenochtitlan, au milieu de marais qui la rendent quasi-imprenable.

À la fin du XVe siècle, les Aztèques constituent un puissant empire militaire et centralisé et pénètrent jusqu'au Nicaragua et au Guatemala actuels, soumettant à leur autorité brutale les peuples et les cités États.

Fortement Ritualisée, Leur Pratique De La Guerre Est Liée À Des Cycles Cosmiques Définis Par Les Prêtres. 

L'une de ses utilités, et non la moindre, est de procurer aux prêtres des victimes en nombre suffisant pour les sacrifices rituels. Cela vaut aux Aztèques d'être craints et haïs par leurs vassaux.

Le 19 février 1519, lorsque Cortès accoste à l'emplacement actuel de Veracruz, il est bien accueilli par les adversaires traditionnels des Aztèques, les Tlaxcaltèques. Beaucoup de Tlaxcaltèques ont en effet péri sur les autels aztèques, après avoir été faits prisonniers. 

Quand il arrive à Tenochtitlan, où vivent alors 300.000 personnes — c'est à dire trois fois plus qu'à Rome à la même époque — Cortès est émerveillé : « Aucune langue humaine ne peut exprime la grandeur et l'originalité de la ville », écrit-il. 

L'empereur Moctezuma II, au service duquel se trouve une importante bureaucratie, règne alors sur les Aztèques.

Après la célèbre « Noche triste », Cortès vainc les Aztèques en août 1521 et fonde la ville de Mexico à l'emplacement de Tenochtitlan. 

Les Mayas devront pour leur part se soumettre à l'envahisseur espagnol vingt ans plus tard.

André Larané

Une Civilisation Surgie Du Néant

La civilisation maya s'étant éteinte d'elle-même, par les guerres et les disettes, les Espagnols purent s'emparer de son territoire sans avoir à la combattre ni même à soupçonner son existence.

Tout juste y eut-il un évêque, au milieu du XVIe siècle, au Yucatan, pour s'intéresser aux innombrables manuscrits en circulation, mais ce fut pour les brûler sans rémission. 

Peut-être pris de remords, il prit la peine de recueillir le témoignage d'un ancien noble maya dans un livre intitulé « Relacion de las cosas de Yucatan ».

Il fallut attendre 1863 pour qu'un chercheur, le Français Charles-Étienne Brasseur de Bombourg, y mette la main dessus aux archives nationales de Madrid et s'y intéresse.

Quelques années plus tôt, un archéologue anglais, John Lloyd Stephens, avait repéré dans quelques textes très ordinaires de vagues allusions à des vestiges architecturaux dans les forêts d'Amérique centrale. 

Sans trop hésiter, il s'associe à un ami architecte et dessinateur, Frederick Catherwood, et avec lui prend la route du Honduras.

Après des péripéties sans nom, les deux hommes découvrent en 1839 le site de Copàn. Après avoir défriché le site, ils mettent à jour de magnifiques stèles. 

Stephens se porte acquéreur du site pour la somme royale de 50 dollars. 

Les Mayas sortent d'un coup de l'oubli avec la publication du récit de voyage en 1842, à New York : Incidents of travel in Central America, Chiapas and Yucatan, complété par les dessins remarquables de Catherwood.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, toutefois, archéologues et commentateurs rechignent à imaginer que les ancêtres des misérables habitants de la région aient pu développer une civilisation de pareille ampleur. 

Toutes les alternatives sont évoquées, comme le débarquement de Grecs, de Romains ou de rescapés de la mythique Atlantide... Aujourd'hui, le doute n'est plus permis. Les Mayas ont retrouvé leur fierté.



Source : Herodote-Net



Billet Proposé Par Aron O’Raney