Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

La Civilisation Maya

 Les Grands Sites Mayas, (Carte Alain Houot Et Herodote.Net, Droits Réservés)

De 1000 Av. J.C. Au XVIIe Siècle

La civilisation maya domine toutes les autres civilisations d'Amérique centrale par sa durée — près de deux millénaires — et son rayonnement, du Honduras au Yucatan.

Elle s'est éteinte dans le silence de la forêt peu après l'arrivée de Christophe Colomb et n'est réapparue à la lumière qu'au milieu du XIXe siècle. Elle n'a pas fini de nous surprendre.

Entre L’Âge De Pierre Et Dr Folamour

Héritiers directs des Olmèques, les Mayas ont fait fructifier d'une manière ô combien remarquable le savoir-faire de leurs prédécesseurs dans l'architecture comme dans les sciences!

Ils vivent dans une région tropicale moitié moins étendue que la France, à cheval sur le Salvador, Belize, le Guatemala et les États mexicains du Chiapas et du Yucatan, aujourd'hui les plus déshérités du pays. 

Leur nombre dépasse les 4 millions d'habitants à leur apogée (leurs descendants, généralement misérables, sont une dizaine de millions; les trois quarts vivent au Guatemala dont ils forment la moitié de la population).

Ils développent leur propre système d'écriture à partir du IIIe siècle apr. J.-C. (début de la période classique). Mais la plupart de leurs manuscrits ont été détruits au XVIe siècle par les prédicateurs espagnols qui y voyaient l'œuvre du diable.

 Une Page Du Manuscrit Maya Codex Dresdensis, Représentation D’un Calendrier

Trois manuscrits ont échappé aux autodafés, dont le plus célèbre est à Dresde : Codex Dresdensis, Codex Persianus et Codex Trocortesianus. 

L'écriture maya demeure néanmoins visible sur les monuments et les statues de pierre et son déchiffrement est déjà très avancé, en dépit des variantes linguistiques d'une cité à l'autre.

Les prêtres et savants mayas se montrent excellents mathématiciens. Ils utilisent un système vigésimal (base 20) et connaissent le zéro!

Ils se montrent surtout très habiles dans l'établissement des calendriers. Croyant en un déroulement cyclique de l'Histoire, avec naissance, mort et résurrection, ils prennent grand soin de calculer les dates optimales de chacun des grands moments de la cité, à commencer par la fondation de celle-ci.

Cela les conduit à mesurer la durée de l'année solaire avec une précision inouïe, plus élevée encore que celle de notre calendrier grégorien, avec une année moyenne de 365,242129 jours (année grégorienne : 365,242500; année astronomique : 365,242198), divisée en 18 mois de 20 jours et un mois complémentaire de 5 jours.

Ils prévoient les éclipses, mais ce ne sont pas pour autant de grands astronomes... Ainsi voient-ils la Terre plate et le Soleil tourner autour d'elle. Ils ne font pas non plus la différence entre planètes et étoiles.

Polythéistes, les Mayas révèrent de nombreuses divinités qui se retrouvent sous des noms quelque peu différents chez les autres peuples mésoaméricains (ainsi en allait-il aussi entre les Grecs et les Romains).

Toutes ces divinités participent à la répétition des fameux cycles naturels, tant terrestres que célestes. C'est en référence à l'un de ces cycles que les Aztèques verront en Cortès le retour du « Serpent à plumes » Quetzalcoalt, dieu de la résurrection (ils ne tarderont pas à déchanter); c'est un autre cycle qui a inspiré à un cinéaste américain astucieux l'idée de la fin du monde en 2012!

Mais les religions mayas et plus généralement mésoaméricaines ont un côté moins innocent, à savoir la pratique des sacrifices humains.

Ces sacrifices s'apparentent à une Action de grâces : il s'agit de remercier les divinités pour tous leurs bienfaits, à commencer par le bienfait de la vie, et pour cela, au nom d'un juste équilibre des choses, on leur sacrifie quelques malchanceux : en premier lieu les prisonniers de guerre et les blessés, mais aussi les vaincus des jeux de balle rituels!

Sacrifice, Une Femme Poitrine Ouverte. (Déroulé D’une Céramique Polychrome Maya)

Les sacrifices se pratiquent par arrachement du cœur à vif (!) ou par décapitation. Ils se déroulent sur la terrasse des fameux temples pyramidaux dont on a retrouvé des vestiges impressionnants dans la jungle, au cœur des anciennes cités. 

En fait de « pyramides », il s'agit d'escaliers monumentaux qui peuvent s'élever jusqu'à 60 mètres comme à Chichen Itza. Ils symbolisent le chemin qui mène de la terre au ciel.

La guerre est un fait constant de la civilisation maya comme en témoignent les épigraphes et les découvertes de charniers.

Meurtrières, les guerres sont l'apanage des nobles, mais les classes populaires sont aussi contraintes de se mobiliser lorsque leur cité est menacée d'une destruction totale. 

L'un des buts de guerre est de pourvoir les prêtres en victimes sacrificielles.



Source : Herodote-Net



Billet Proposé Par Aron O’Raney