Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Moment Présent Et Devenir…


 — CLVI —

On ne peut incendier la mer, 
Ni convaincre l'homme que le bonheur est dangereux. 

Il sait, pourtant, 
Que le moindre choc est fatal à l'urne pleine 
Et laisse intacte l'urne.

— CLVII —

Regarde autour de toi. 
Tu ne verras qu'afflictions, angoisses et désespoirs. 
Tes meilleurs amis sont morts. 

La tristesse est ta seule compagne. 
Mais, relève la tête
Ouvre tes mains

Saisis ce que tu désires et ce que tu peux atteindre. 
Le passé est un cadavre que tu dois enterrer.

— CLVIII —

Je regarde ce cavalier 
Qui s'éloigne dans la brume du soir. 

Traversera-t-il des forêts ou des plaines incultes
Où va-t-il

Je ne sais. 

Demain, serai-je étendu sur la terre 
Ou sous la terre

Je ne sais.

— CLIX —

« Allah est grand! » Ce cri du moueddin 
Ressemble à une immense plainte. 

Cinq fois par jour, 
Est-ce la Terre qui gémit 
Vers son créateur indifférent?

— CLX —

Le Ramazan est fini.
Corps épuisés, âmes fanées, la joie revient

Les conteurs savent des histoires nouvelles.
Les porteurs de vin, 
Les marchands de rêves lancent leurs appels. 

Mais je n'entends pas celui qui me rendra la vie, 
Celui de ma bien-aimée.


Traduit par Franz Toussaint, Paris 
Q156-160 — L’Édition d’art H. Piazza.


Omar Khayyâm.



Billet Proposé Par Aron O’Raney