Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Irak, Mossoul Brûle-T-Il ?


La Prise De La Ville De Mossoul A Pris Tout Le Monde De Court. Une Blitzkrieg De L’état Islamique En Irak Et Au Levant (Eiil Ou Daash) A Lieu En Ce Moment Même, Faisant Courir Les Rumeurs Les Plus Folles.

Les rares rapports qui nous parviennent d’Irak sont horrifiants. 

Le journal La Croix interroge un dominicain irakien, le père Nageeb qui décrit une situation apocalyptique à Mossoul, la ville tombée aux mains des islamistes : 

« Les groupes islamistes assassinent petits et grands. Les cadavres, d’après les témoins, se comptent par centaines.Ils sont abandonnés dans les rues et dans les maisons sans pitié. Les forces régulières et l’armée ont fui elles aussi la ville, ainsi que le gouverneur Al Nujaifi. » 

La lettre s’achève dramatiquement « désolé, je ne peux plus continuer à vous écrire ».

Comme Pour Toutes Les Informations Provenant D’un Pays En Guerre Les Propos Sont À Prendre Avec Précaution. 

Le père Nageeb dans sa lettre décrit des informations qui ne sont pas toutes de première main. Et d’autres témoignages viennent nuancer ses propos, sans les contredire. 

Lors de la prise de Mossoul, des tirs de mortiers ont bien eu lieu sur la population civile, mais il n’y a pas eu de combats dans la ville, le gouverneur ayant fui en donnant la consigne de n’opposer aucune résistance. 

Le père Anis Hana, jésuite faisait parvenir une lettre « Contrairement à ce qui a été dit par quelques-uns, aucune église, aucun monastère n'est tombé dans les mains des terroristes. Les terroristes ne sont pas non plus entrés dans la ville de Quaracoche. 

Les terroristes ne cherchent pas tuer ou éliminer la population selon la déclaration de leur commandant, mais seulement à prendre le pouvoir militaire et civil dans le gouvernorat de Mossoul et dans d'autres grandes villes pour créer un État islamique sunnite. »

Un exemple typique de ce problème d’information a été illustré la semaine dernière : 

Une photo représentant une église de Mossoul en flammes a circulé sur Facebook. La source étant sérieuse, nous l’avons donc relayée. 

Mais nos amis d’Aleteia en langue arabe viennent de nous avertir que, selon le témoignage d’habitants de la ville, ce n’était pas l’église qui brûlait, mais un poste de police situé juste à côté, ce qu'un examen approfondi de la photo permet de le confirmer.


Selon l’archevêque chaldéen de Mossoul, Mgr Amel Shamun Nona, l’église du Saint-Esprit de Mossoul a été pillée peu après la prise de la ville par les militants de l’EIIL,

« Mais les familles musulmanes résidant dans les environs ont appelé les miliciens islamistes, qui sont intervenus, mettant fin au saccage.Ces mêmes familles musulmanes nous ont téléphoné pour nous faire savoir que, maintenant, elles surveillent elles-mêmes l’église et qu’elles ne permettront pas le retour des pilleurs ».

Mgr Amel Shamun Nona s’est en revanche étonné auprès de l'agence Fides du manque de réaction des forces de sécurité irakienne : 

« Ce que je peux dire, c’est qu’il y a un mystère dans ce qui s’est passé. On ne sait pas exactement comment il est possible que de très nombreux militaires et agents de police aient quitté la ville en moins d’une heure, abandonnant armes et moyens de transport. Tout cela pose de nombreuses questions ».



Aleteia-Org  — Sylvain Dorient — 13 Juin 2014



Billet Proposé Par Aron O’Raney