Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

En Égypte, Près De Louxor Découverte D’une Belle Momie


Malgré L’instabilité Générale, De Nombreuses Trouvailles Continuent D’être Effectuées Par Les Archéologues. 

Une équipe espagnole vient d'exhumer un sarcophage vieux de 3600 ans.

Plus étonnant encore, une école a été formellement identifiée non loin d'Amheida, vieille de 1700 ans.

Malgré les attentats et l'instabilité générale dont souffre le pays, la recherche, nationale et internationale, continue en Égypte. En témoigne une floraison exceptionnelle de découvertes archéologiques annoncée le mois dernier. 

Point fort :Une équipe espagnole a exhumé sur la rive occidentale de Louxor une momie vieille de 3600 ans « XVIIe dynastie ». Son sarcophage en bois, de deux mètres de long sur 50 cm de large, en très bon état, porte de magnifiques dessins de plumes aux couleurs vives. 

Accompagnés de hiéroglyphes, ces motifs symbolisent « Maât », la déesse de l'ordre, de la justice et de la paix. Dans une balance, elle pesait les cœurs des défunts contre une plume pour déterminer leur statut dans l'au-delà. 

L’actuel ministre de l'Intérieur Mohamed Ibrahim a souligné qu'il s'agissait d'une pièce très rare. Il reste à savoir qui était la momie, probablement un dignitaire.

Étonnante également est l'école formellement identifiée à Amheida, oasis de Dakhla, dans le désert du Sud-Ouest. Elle est vieille de 1700 ans et c'est le seul établissement de ce genre connu en Égypte. 

Le site avait été mis au jour en 1979, mais sa compréhension a été longue. 

L'université de New York vient d'en publier l'étude définitive. Les murs portent des textes d'Homère, notamment de L'Odyssée, où Hélène de Troie fait boire du vin drogué à ses invités

Ce breuvage « enlève la douleur et la colère et apporte l'oubli de tous les maux ». De telles inscriptions en grec occupent trois murs. Ils encourageaient les élèves au travail et notamment à la rhétorique. 

On a la trace de bancs sur lesquels ces enfants, probablement de bonnes familles, recevaient la leçon d'un certain Sérénos. Les textes muraux servaient à être copiées pour, probablement comme aujourd'hui, calmer la classe. 

L'école de cette période durant laquelle les Romains contrôlaient la région est intimement liée au maître : elle disparaît avec celui-ci. Au vu des inscriptions, celle-ci a dû fonctionner une vingtaine d'années.

À proximité du site d'Edfou d'autres archéologues,égyptiens et de l'Institut oriental de l'université de Chicago, qui fouillent le secteur depuis 2010, ont trouvé les restes d'une pyramide à trois degrés. 

En blocs de grès et mortier d'argile elle est haute de 13 m, avec un côté d'environ 15,5 m. Il s'agit d'une des sept pyramides dites « provinciales » datant soit du règne de Houni soit de celui de Snefrou le père de Khéops. 

De tels monuments n'étaient pas destinés à une inhumation. Leur rôle exact reste mystérieux. Toutefois à l'Est se trouve une zone en rapport avec des offrandes de nourriture…

Une demande de classement au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis dix ans

Bien plus au Nord, au niveau du delta du Nil, dans la cité de Tel Tabla, c'est un mastaba, une tombe aérienne, en briques crues de la Basse Époque qui est sorti des sables. 

Dans un de ses puits funéraires un sarcophage en calcaire d'une dame a été trouvé accompagné de 180 effigies de serviteurs en bois ou en calcaire. 

Ailleurs, près de Mykérinos la dernière des pyramides de Guiza, une demeure de la haute aristocratie comportant plus de vingt pièces a été topographiée. 

Enfin la mission travaillant sur les restes du temple d'Amenhotep III a réuni plusieurs blocs en quartzite appartenant à un des colosses de Memnon. 

Ces sculptures bordaient un temple détruit dans l'antiquité par un tremblement de terre. Ils avaient ensuite servi de carrière de pierres.

Ces informations sont présentées de manière plus détaillée sur le site spécialisé en égyptologie www.osirisnet.net. 

Il alerte également sur les pillages et vols, ainsi que sur des situations d'abandon de patrimoine. 

C'est le cas à proximité du Fayoum pour la plus ancienne route pavée au monde. 

« Elle est en train de disparaître dans l'indifférence générale, s'alarme Thierry Benderitter, un des animateurs d'osiris.net, membre de la Société française d'égyptologie. Pas signalée, donc protégée, de larges segments ont été arrachés. Toute la zone a fait une demande de classement au Patrimoine Mondial de l'UNESCO Depuis dix ans, rien n'a bougé… »



Le Figaro — 
Éric Bietry-Rivierre — Mars 2014 —



Billet Proposé Par Aron O’Raney