Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Qu’est-Ce La Vie ?



On Ne Peut Évaluer La Plénitude De La Vie Humaine Par Ce Qui Ne Touche Qu’au Corps. La Vie N’est Pas Seulement Une Question De Vigueur Physique, De Santé Ou De Possibilité De S’amuser. 

Qu’est-ce la vie

C’est beaucoup plus que le souffle de nos narines, Le sang qui bat dans nos poignets, La réponse à un stimulant physique. 

Certes toutes ces choses sont essentielles à une vie pleinement humaine, mais elles ne constituent pas, elles-mêmes, cette vie dans toute sa plénitude. 

Un homme peut les posséder toutes et être un idiot. 

Et celui qui se contente de respirer, de manger, de dormir, et de travailler, sans compréhension, sans but et sans idées personnelles n’est pas vraiment un homme. 

La vie, dans ce sens purement physique, est simplement l’absence de la mort. 

Ce n’est pas vivre, c’est végéter. 

Pour qu’un homme soit vivant, il doit accomplir non seulement les actes qui appartiennent à la vie végétative et animale, il doit non seulement subsister, croître, sentir, remuer, se nourrir, etc.. 

Mais remplir les activités propres à un genre de vie typiquement humain. C’est-à-dire penser intelligemment. Et surtout agir selon des décisions libres, prises à la lumière de ses propres réflexions. 

De plus, ces décisions doivent tendre à son développement intellectuel, moral et spirituel; à lui faire prendre conscience de ses possibilités de connaître et d’agir librement. 

Elles doivent développer et étendre sa charité envers les autres et la force de se consacrer à leur bien: car c’est en cela qu’il s’accomplira.

En un mot, pour que l'homme vive, il faut qu'il devienne totalement et entièrement vivant dans son corps, ses sens, son esprit et sa volonté. 

Mais cette vie doit également avoir un ordre et une cohérence particuliers. 

Nous voyons souvent des gens qu’on prétend être « débordants de vie » alors qu'en fait ils luttent avec leur incohérence. 

La vie est destinée à surabonder, mais pas à éclater.  

Ceux qui débordent de vie sont souvent en train de plonger dans la mort avec un grand bruit d'éclaboussures. 

Ils ne transcendent pas la mort, ils s'y abandonnent avec une telle vitalité animale qu'ils sont capables d'entrainer beaucoup de gens avec eux dans l'abîme. . 


Un Extrait De « Le Nouvel Homme »
Traduction De L’américain Par Marie-Tadié



Thomas Merton (1915-1968)



Billet Proposé Par Aron O’Raney