Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Rien Ne Change En Toi…



Ni la couleur des terribles dunes d’Iquique, 
Ni la baie du fleuve Doux du Guatemala, 

N'ont changé ton profil arraché au froment, 
Ton style de muscat, ta bouche de guitare.


Mon cœur, ma mienne à partir de tout le silence, 
Depuis les hauts sommets patrie du liseron 

Jusqu’aux plaines de platine et de solitude, 
En toute patrie pure t'a répétée la terre.


Et la main de métal et farouche des monts,
La neige du Tibet, la pierre polonaise,

Rien n'a troublé ta forme de grain voyageur,


Comme si argile ou blé, guitares ou grappes 
Tout Chillan défendait en toi son territoire 

Imposant le pouvoir de la lune sylvestre.



Extrait de « La Centaine d’Amour »



Pablo Neruda



Billet proposé par Aron O’Raney