Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Le Mantra, Prière Du Cœur


Les Tibétains N’ont Jamais Traduit Les Mantras Dans Leur Propre Langue, Mais Les Ont Retranscrits En Un Système De Translittération Permettant De Garder Le Son Du Sanscrit Tout En Utilisant L’alphabet Tibétain.

Dans les textes ésotériques, des « tantras », il est écrit que l’ensemble du corps humain est structuré par un réseau de 72000 canaux subtils les « nadis », dont les extrémités ont la configuration des 16 voyelles et des 30 consonnes de l’alphabet sanscrit. 

Les énergies subtiles, « prana », qui circulent dans ces sortes de méridiens sont influencées par ces différentes formes. 

Grâce à leur intelligence supérieure, les êtres humains peuvent ainsi vocaliser une grande variété de sons dont la combinaison donne toute la richesse de leur langage. 

La structure de ce réseau subtil étant moins élaborée chez les animaux, ceux-ci ne peuvent produire que deux ou trois sortes de sons pour communiquer.

Les mantras ainsi créés ont le pouvoir de purifier le mental de tous ses obscurcissements, ainsi que de dévoiler la nature de l’esprit. 

Chacun d’eux a une qualité bien spécifique telle que d’accroître la sagesse, la bienveillance, la protection, la purification, la santé, la longévité, etc.

Le mantra le plus réputé est celui de Bodhisattva Tchenrézi, en tibétain, ou Avalokiteshvara, en sanscrit. 

Bien qu’il soit très difficile de traduire littéralement un mantra et qu’il y ait plusieurs interprétations de celui-ci, on peut l’expliquer très simplement de cette manière :

Om,est la syllabe qui symbolise l’état d’éveil ultime.

Mani, signifie Joyau, le symbole de la sagesse omnisciente et du principe masculin.

Pémé, signifie Lotus, symbole de l’amour et de la compassion universels et du principe féminin.

Houng, est la syllabe qui symbolise le potentiel de l’éveil en chacun ou la nature de Bouddha en soi. 

Il est aussi essentiel de considérer le mantra comme étant indifférencié de la divinité d’invocation et la récitation de celui-ci agit sur plusieurs niveaux. 

Par exemple, les six syllabes permettent d’éliminer respectivement les tendances négatives de l’orgueil, de la jalousie, de l’attachement, de l’ignorance, de l’avarice et de la colère, ainsi que de fermer les portes des renaissances dans les six états d’existence des dieux, des demi-dieux, des humains, des animaux, des esprits et des êtres infernaux. 

Chacune des six syllabes permet de développer les six vertus de perfection, les « paramitas » : la méditation, la patience, la conduite éthique, la persévérance, la générosité et la connaissance. 

Être en contact avec ce mantra en le récitant, en l’écoutant, en le voyant, ou en s’en souvenant, apporte une grande bénédiction. 

Il est aussi bénéfique de le réciter à l’oreille d’une personne défunte ou même d’un animal qui vient de mourir. Cela permet de les libérer des mondes inférieurs et de les faire évoluer vers ceux qui sont supérieurs.

Par sa récitation, toutes les formes de souffrance s’éliminent et l’esprit se pacifie. 

Aux derniers moments de sa vie, il est bien de le réciter en faisant des souhaits pour renaître dans la Terre Pure du Bouddha Amitabha. 

Y renaissant avec l’apparence d’un corps pur, on expérimente alors un état de béatitude dénué de toute souffrance, quelle qu’elle soit. 

Dans ce Paradis, il est ainsi possible de progresser sans obstacle à travers tous les degrés de réalisation et de s’émaner afin d’accomplir le bien de tous les Êtres jusqu’à la fin dernière du Samsara.



Lama Namgyal



Billet Proposé Par Aron O’Raney