Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

En Parlant Du Monde…



Un Monde Est Une Enveloppe Du Ciel, Qui Enveloppe Astres, Terre Et Tout Ce Qui Apparaît, Qui S’est Scindée De L’illimité, Et Qui Se Termine Par Une Limite Ou Rare Ou Dense, Dont La Dissipation Bouleversera Tout Ce Qu’elle Contient

et elle se termine sur une limite soit en rotation soit en repos, avec un contour rond, triangulaire ou quel qu’il soit; car tous sont possibles : rien de ce qui apparaît ne s’y oppose dans ce monde-ci, où il n’y a pas moyen de saisir ce qui le termine. 

Mais il y a moyen de saisir qu’à la fois de tels mondes sont en nombre illimité, et qu’aussi un tel monde peut survenir tant dans un monde que dans un intermonde, comme nous appelons l’intervalle entre des mondes, dans un lieu comportant beaucoup de vide, mais pas dans un vaste lieu, pur et vide, comme le disent certains, et ce, dans la mesure où des semences appropriées s’écoulent d’un seul monde, 

Ou intermonde, ou bien de plusieurs, produisant peu à peu des adjonctions, des articulations et des déplacements vers un autre lieu, selon les hasards, et des arrosements provenant de réserves appropriées, jusqu’à parvenir à un état d’achèvement et de permanence, pour autant que les fondations posées permettent de les recevoir. 

Car il ne suffit pas que se produise un agrégat, ou un tourbillon dans le vide où il est possible qu’un monde surgisse, d’après ce que l’on croit être par nécessité, et qu’il s’accroisse jusqu’à ce qu’il heurte à un autre monde, ainsi que l’un des réputés physiciens le dit; car cela est en conflit avec ce qui apparaît.

Le soleil, la lune et les autres astres, qui se formaient par eux-mêmes, étaient ensuite enveloppés par le monde, ainsi évidemment que tout ce qu’il préserve, mais dès le début ils se façonnaient et s’accroissaient (de la même façon que la terre et la mer) grâce à des accrétions et des tournoiements de fines particules, qu’elles soient de nature ventée ou ignée, ou bien les deux; la sensation nous indique en effet que cela se fait ainsi.

La grandeur du soleil et des autres astres, considérée par rapport à nous, est telle qu’elle apparaît, car il n’y a pas d’autre distance qui puisse mieux correspondre à cette grandeur. 

Si on le considère en lui-même, sa grandeur est ou plus grande que ce que l’on voit, ou un peu plus petite, ou identique (pas en même temps). 

C’est ainsi également que les feux, qu’auprès de nous l’on observe à distance, sont observés selon la sensation. Et l’on résoudra aisément tout ce qui fait obstacle dans cette partie, si l’on s’applique aux évidences, ce que nous montrons dans les livres Sur la nature.

Levers et couchers du soleil, de la lune et des autres astres peuvent résulter respectivement d’une inflammation et d’une extinction, Si l’environnement est tel — et ce en chacun des deux lieux correspondants — 

Que ce qui vient d’être dit s’accomplisse; car rien de ce qui apparaît ne l’infirme; et c’est encore par une émergence au-dessus de la terre, puis au contraire par une interposition que levers et couchers pourraient se produire; car rien de ce qui apparaît ne l’infirme.

Pour leurs mouvements, il n’est pas impossible qu’ils résultent soit d’une rotation du ciel tout entier soit du fait que, si celui-ci est en repos, eux connaissent une rotation engendrée à l’orient suivant la nécessité à l’œuvre à l’origine, lors de la naissance du monde, ensuite, prenant en compte la chaleur, du fait d’une certaine propagation du feu qui progresse toujours vers des lieux contigus.


Extrait De « Lettre À Pythoclès »
Traduction Anonyme



Épicure



Billet proposé par Aron O’Raney