Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Les Templiers… L’Institution Du Temple


Le Nouvel Institut Du Temple Est Un Ordre Religieux À Part Entière, Fondé Sur Les Trois Vœux Monastiques « Obéissance, Chasteté, Pauvreté » Suivant Une Règle Qui Possède Une Forte Connotation Bénédictine, Mais Adaptée Aux Nécessités De Son Action — Militaire — Dans Le Siècle. 

Le templier ne peut être un ascète, mais il doit contrôler ses pulsions, sa violence. 

Devant rester humble, ne pas sacrifier à la « vaine gloire », il doit rompre avec son milieu, la « chevalerie du siècle » stigmatisée par Bernard de Clairvaux, afin de se convertir en « Chevalier du Christ ».

L'expérience est nouvelle et fait grincer quelques dents cléricales : un abbé cistercien, du même ordre que Bernard de Clairvaux pourtant, dénonce l'apparition « d'un monstre nouveau, une nouvelle chevalerie dont l'observance, comme quelqu'un le dit spirituellement, relève du cinquième évangile ». 

Mais pour l'Église de la réforme grégorienne, le Temple est aussi une réponse aux besoins spirituels des chevaliers à qui il offre une voie propre de salut. 

Par La Bulle « Omnes Datum Optimum De 1139 », Le Pape Innocent II Accorde Au Temple Le Privilège De L’exemption. 

L'ordre, ses biens, ses membres sont placés sous la juridiction directe du pontife : nul évêque ne peut excommunier un templier ni placer ses biens et ses chapelles en interdit. L'application de ces privilèges n'est pas allée sans conflit avec les évêques, mais les papes successifs n'ont jamais lâché l'ordre. 

La règle et les statuts qui l'ont complétée précisent sa composition et son organisation. 

Il y a trois catégories de frères : 

— Les chevaliers, les sergents et les chapelains. Seuls ces derniers sont des clercs tonsurés; à ce titre, ils ne peuvent combattre. 

— Chevaliers et sergents sont, en revanche, des laïcs : religieux, mais laïcs. 

— Les sergents sont en fait divisés en deux classes : sergents d'armes, combattant aux côtés des chevaliers, et sergents de métiers, voués, tels les convers cisterciens aux tâches matérielles.

À côté de ces frères, templiers à part entière, de nombreux fidèles se sont associés au Temple comme confrères ou donnés, beaucoup de femmes en particulier. En échange d'un don, ils reçoivent la protection de l'ordre et la sépulture dans le cimetière de la maison à laquelle ils se sont voués. 

Pour ses besoins militaires, l'ordre a également recruté des mercenaires en grand nombre : arbalétriers et archers, piétons, « Turcoples » qui combattent à la turque et forment une cavalerie légère.



Alain Demurger



Billet Proposé Par Aron O’Raney