Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Les Maronites… Qui Sont T-Ils ?



La Communauté Chrétienne Du Liban Doit Son Nom À Son « Saint Fondateur »: Saint Maron Qui Vécut Au Ve Siècle. L’église Maronite, C’est 1500 Ans D’histoire D’une Eglise Arabe Unique. 

Une Découverte Passionnante Des Chrétiens Libanais.

L’Église maronite, c'est l’histoire d’une Église d’Orient unique, dont la grande majorité des fidèles vit dans un pays arabe, le Liban, qui reste le seul État du Moyen-Orient où les chrétiens jouissent, aujourd’hui encore, d’un réel pouvoir, sans être considérés comme une minorité « tolérée ». Ce qui est souvent le cas dans les nations voisines.

Une Église unique parce que contrairement aux autres Églises d’Orient qu’elles soient Arménienne, copte, Assyro-Chaldéenne, ou grecque, les Maronites n’ont connu aucun schisme au cours de leur histoire. 

Ils ont toujours été en communion avec Rome, et n’ont pas de « branche orthodoxe » comme leurs « sœurs orientales ».

Bien que rattachée au Vatican, l’Église maronite est une église arabe autocéphale, de rite syriaque, avec sa propre hiérarchie : un patriarche entouré d’évêques et de prêtres.

Histoire

La naissance de cette Église se rattache à saint Maron, un ermite qui a vécu à la fin du IVe siècle — mort vers 410 — avec un groupe d’anachorètes aux environs d’Apamée, au nord de la Syrie, sur les bords du fleuve Oronte.

Profondément mystiques, ces hommes de Dieu, resteront à l’écart des schismes qui opposeront les différentes familles chrétiennes lors des premiers conciles, notamment celui de Chalcédoine en l’an 451. 

Se ralliant finalement aux thèses de « l’Église occidentale » c’est à dire, deux natures, divine et humaine, dans le Christ, dès 591 les fidèles de saint Maron deviennent la cible des chrétiens monophysites (1), qui ne reconnaissent que la nature divine du Christ. 

Persécutés, massacrés par ces derniers, puis à partir de l’an 636, par les armées musulmanes qui ont conquis le pays, les maronites émigrent finalement vers le Sud, pour trouver refuge dans les grottes des montagnes nord de l’actuel Liban.

Une Église Arabe Influencée Par L’Occident

Le temps des croisades (1099-1291) voit les maronites sortir de leurs ermitages montagneux pour s’ouvrir au monde extérieur. 

C’est à partir de cette époque que cette Église établit un lien indéfectible avec l’Occident, lien qu’elle maintient aujourd’hui encore, ce qui lui vaut d’être souvent taxée par les musulmans, mais aussi par les Églises orthodoxes, « d’agent de l’Occident ». 

Toute l’histoire de l’Église maronite est jalonnée par une alternance de périodes dramatiques de massacres et de persécutions, suivies de temps, plus ou moins longs, de tranquillité 

1860 — Naissance D’un Protectorat, Base Du Futur Liban

En 1860, des troubles politico-confessionnels autour de la possession des terres opposent les maronites aux Druzes, une secte musulmane ismaélienne. 

Très vite les manifestations tournent en affrontements violents. Mal organisés, les maronites sont écrasés. 

Les féodaux Druzes déclenchent un épouvantable massacre, ou des centaines de maronites sont passés par les armes. 

Bienveillant à l’égard des Druzes, le pouvoir ottoman laisse faire. 

En réaction, Napoléon III envoie des bataillons français pour sauver la communauté maronite, dont il se fait le protecteur. Le 9 juin 1861, un statut d’autonomie est accepté par les Ottomans. 

C’est la naissance du gouvernorat (Moutassarifat) du Mont-Liban, une bande montagneuse d’une surface de 4.800 km carrés, dirigé par un Ottoman de confession catholique, maronite. 

Ce territoire deviendra la base du futur territoire Libanais d’une superficie de 10.400 km carrés qui obtiendra son indépendance le 22 novembre 1943. 

La constitution qui stipule que le président doit être obligatoirement maronite, montre à quel point le Liban est lié à cette Église. 

Et aussi tout ce que ce pays, seule nation véritablement démocratique du Proche-Orient, doit aujourd’hui encore à cette église


(1) Doctrine christologique du Ve siècle dans l'Empire byzantin en réaction au nestorianisme, défendu par Eutychès et Dioscore d'Alexandrie. Elle affirme que le Fils n'a qu'une nature et qu'elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine.



Luc Balbont —



Billet Proposé Par Aron O’Raney