Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Le Symbolisme De L’Encens



Aussi Précieux Que L’or Des Temps Anciens, L’encens Est Riche Des Fascinantes Vertus Qui Lui Sont Attribuées, Accompagnant L’homme Depuis Des Lustres, De La Naissance À La Mort.

L’encens est employé par la plupart des religions, et dans de nombreux cultes, et pratiques ésotériques. 

Son usage par les anciens semble être apparu après la découverte du feu, qui suivant une récente datation remonterait à 790.000 Ans. 

L’Encens, aussi appelé « oliban » est extrait de la résine aromatique d’un arbre du genre « Boswellia » qui regroupe une vingtaine d'espèces originaires d'Afrique et d'Asie.

Le sens étymologique du terme emprunté du latin ecclésiastique, relève « Incensum » de incendere « brûler ». L’étymologie grecque quant à elle fait état de « Thuos » du latin « thus » qui l’associe aux notions de parfum et « victime ». 

Le langage courant a retenu « encenser » avec le sens « honorer », et l’odeur de l’encens a selon les traditions, la vertu de chasser le démon et purifier l'homme de ses péchés. 

Le symbolisme de l'encens relève à la fois du feu, de la fumée, du parfum et des résines qui le composent.

L'encens brûlé durant le rituel religieux relie la terre et le ciel. Ainsi il élève les prières au ciel, et apparait en ce sens, tel un emblème de la fonction sacerdotale, associant l’homme au divin, le fini à l’infini, et le mortel à l’immortel.

Dans le Nouveau Testament, les mages Melchior, Balthazar et Gaspard apportent la myrrhe, l’or et l’encens. Ils offrent ces présents à l’enfant Jésus, reconnaissant ainsi sa divinité.

L’usage de l’encensement est universel, il a partout la même valeur symbolique. Il n'y a guère de différence, en ce sens, entre la fumée du bûcher funéraire, celle du « Copal » maya, de L'encens chrétien, ou du tabac chez les Amérindiens.

Le Roi Séthi Apporte L’encens Au Dieu Thot, Représenté Sous La Forme De L’ibis.

— Dans l'Antiquité grecque, sur la table sacrée, les hiérophantes, ces prêtres qui expliquent les mystères du sacré, représentent les dieux de la pluie alternativement par une maquette de « copal » ou par des vases sacrés, contenant de l'eau vierge. 

— Les alchimistes disaient qu'il est possible, durant l’agonie, de voir le départ de l'âme, sous la forme perceptible d'une fumée légère. 

Les Yéménites par le passé, faisant fortune du commerce de l’encens, lui attribuaient avant tout des vertus médicinales. 

Au Yémen, l'usage curatif de l'encens soulageant les douleurs a traversé les âges.

En Inde dans le rituel hindou l’encens « Dhûpa » est, mis en rapport avec L'élément Air, il représente la perception de la conscience omniprésente.

Chez les Bouddhistes il se dit « Nos pensées et notre mental compte le plus. Elles suivent les volutes des fumées d’encens, pour s’élever jusqu’aux trônes des Bienheureux. Ces offrandes sont : les encens miraculeux de Coeur. »

En Chine, parfum et encens sont désignés par le même caractère : Xiang (Hsiang ou Hiang). De l'encens qui se consume lentement, Confucius énonce « Puissent vos paroles être parfumées comme l'encens! »

Identique paraît le rôle purificatoire de la fumée — de jonc ou de roseau — attestée dans de nombreux rites de là Chine antique. La fumée du bûcher mortuaire emporte l'âme du défunt.

En Amérique du Nord Si l’on ignore ce symbole qui, exception faisant règle, paraît univoque, on ne peut entendre la signification du calumet des Peaux-Rouges, qu'il soit de paix ou de guerre.

En Amérique Centrale, l'encens relève du même symbole que le sang, la sève, le sperme, la pluie. Sa fumée tout comme le nuage, est l’émanation de l’Esprit Divin. Il Est concrétisé dans le rite du faiseur de pluie qui élève vers le Ciel des nuages de fumée. Nuage et fumée sont d'ailleurs deux mots apparentés, d’où les rites du faiseur de pluie qui élève vers le ciel des nuages de fumée. 

Chez les Mayas, dans le « Popol-Vuh » ce texte mythologique une divinité chthonienne, extirpe de l’Arbre de Vie la sève rouge du copal qu'elle offre aux hommes comme étant son propre sang. 

Dans le « Chilam Balam Chumayel » un des manuscrits mayas rédigés au Yucatan, il est dit que l'encens est la résine du ciel, que son odeur est attirée vers le milieu du ciel. 

Les Maya Quiché se servent de l'encens du copal dans toutes leurs cérémonies religieuses, pour mettre en fuite les esprits malins. Son utilisation est issue des rites de fécondation liés au cycle lunaire

— Chez les Indiens mayas Chorti qui habitent dans les hautes terres de l'est du Guatemala, les prêtres saignent le copal et brûlent de l'encens à minuit, au dernier jour de la saison sèche pour faciliter les premières pluies.

L'emploi de l'encens est issu des rites de fécondation associés au cycle lunaire. Le rapport existant entre « copal » et « lune » est, de plus, exprimé dans la racine commune « uh » qui les désigne en langue maya Chorti. 

— Chez les Égyptiens, « le Kyphi », cet encens brûlé en hommage au dieu Rê, était composé de miel, cannelle, bois de santal, et myrrhe… La myrrhe mélangée au vin, était d’ailleurs utilisée aussi comme boisson lors des initiations.

« Les dieux aiment les parfums » Ce dicton était courant. Les Égyptiens, pensant qu’ils côtoyaient les dieux, brûlaient tous les jours de l’encens dans les temples et autels domestiques.



Aron O’Raney