Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Mathilde Bien-Aimée



Lumière fut le feu, 
Pain la rancœur lunaire,

L’étoile du jasmin redoubla son secret,

Par les douces mains pures de l'amour terrible
Ce fut paix pour mes yeux 

Et soleil pour mes sens.


Oh mon amour, comment, soudain, des déchirures
As-tu fait la maison de douce fermeté,

Vaincu la jalousie, 
La malice des ongles

Pour que nous ne soyons qu'une vie face au monde.


Ce fut, c'est, ce sera ainsi jusqu'au moment,
Sauvage et doux amour, 

Mathilde bien-aimée,
Où le temps marquera du jour la fleur finale.


Sans toi, sans moi, 
Sans lumière plus ne serons : 

Alors bien au-delà de la terre et de l'ombre 

Notre amour brillera 
Aux couleurs de la vie.



Extrait de « La Centaine d’Amour »



Pablo Neruda



Billet proposé par Aron O’Raney