Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Amour, Amour…



Amour, amour, à la tour du ciel
Les nuages montèrent 

Telles de triomphantes lavandières, 

Et tout brûla en bleu d'azur, 
Tout fut étoile : 

La mer, la nef, le jour s'exilèrent ensemble.


Viens voir les cerisiers dans leur eau constellée 
Viens voir la ronde clef de l'univers rapide, 

Viens toucher le feu de l'azur instantané, 
Viens avant que ses pétales soient consumés.


Il n'est ici que lumière, quantités, grappes, 
Il n'est qu'espace ouvert 

Par les vertus du vent 

Jusqu'à livrer 
Les derniers secrets de l'écume.


Et parmi tant de bleus célestes, 
Submergés, nos yeux se sont perdus, 

Ils devinent à peine 

Les puissances de l'air 
Et les clefs de la mer.



Extrait de « La Centaine d’Amour »



Pablo Neruda



Billet proposé par Aron O’Raney