Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Mythes Et Archétypes



Depuis Schelling (Essai Sur Les Mythes — 1793) Qui Pose Le Mythe Comme Une Construction De L’imaginaire Autour D’un « Noyau » Historique Vrai, La Réflexion Sur Le Mythe S’est Considérablement Enrichie, Surtout En Notre Siècle.

Penser Le Monde, Apprendre À Être…

Lévi-Strauss dans « Anthropologie structurale » voit dans le mythe un « Être » linguistique formé d'unités qu'il nomme « mythèmes » par référence aux « phonèmes », catégories définies par la linguistique. 

Ces unités sont faites de relations qui associent des attributs à un sujet. Ces éléments reliés entre eux donnent au mythe, dans sa traduction rationnelle, l'aspect d'un récit. 

Jung a remarqué la constance de certaines images dans les mythes, images qui constituent la trace d'expériences vécues au fond des âges et qui invitent à poser une donnée nouvelle en psychologie celle de l'inconscient collectif. 

L'archétype désigne l'image originelle qui existe dans l'inconscient et qui exerce une action dynamique sur le comportement.

L'observation de la nature, la découverte de ses processus cycliques et la propension instinctive de l'homme aux extrapolations anthropomorphiques sont à l'origine des mythes. 

L'interprétation anthropomorphique fonde la pensée dite « analogique » et « symbolique ». 

Cette interprétation, fausse au plan objectif évidemment, correspond pourtant à une nécessité biologique. 

L'homme peut, à partir d'une extrapolation de nature anthropomorphique sur l'observation de la nature, prendre conscience de l'unité profonde qui réunit le sujet et l'objet, la nature et lui-même, la matière et l'esprit, les processus naturels et la vie de l'esprit.

L'archétype est associé à des images différentes selon les cultures parce que selon le milieu ambiant, les généralisations, les « symboles moteurs » (Bachelard) se différencient. 

Et là intervient la dimension temporelle.

L'archétype donne naissance au symbole, plus limité et dégénère en se limitant encore jusqu'à n'être plus qu'un signe conventionnel. 

Ainsi l’idée du cycle, du recommencement se traduit par l'archétype du cercle qui donne naissance au symbolisme de la croix et la croix en arrive à n'être plus perçue que comme un signe conventionnel.

Le mythe est un système dynamique de symboles et d'archétypes en voie de rationalisation puisqu'il se rapproche, dans sa structure, du langage et qu'il tend à s'exprimer comme un récit.

Mais l'archétype peut n'être compris que comme une idée et la rationalisation qui implique la création d'un fossé entre le sujet et l'objet lui fait perdre toute force dynamique. 

Ainsi, il n'entraine plus le comportement. 
Il ne stimule plus. 
Il n'engage plus la sensibilité. 

La formulation, dernière forme du mythe, met en danger son potentiel dynamique.


Extrait de « La Légende D’Hiram & Les Initiations Traditionnelles »
Detrad — AVS



Daniel Beresniak



Billet proposé par Aron O’Raney