Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Des Mots d’Amour…



Que tout, 
Que tout l'amour propage en moi sa bouche,
Que je ne souffre plus un moment sans printemps, 

À la douleur je n'ai vendu que mes mains seules, 
Maintenant, bien-aimée, que tes baisers me restent.


Couvre de ton parfum l'éclat du mois ouvert, 
Les portes, ferme-les avec ta chevelure,

Quant à moi, n'oublie pas : 
Si je m'éveille et pleure, 

C’est qu'en dormant, je ne suis qu'un enfant perdu

Qui cherche tes mains dans les feuilles de la nuit,
Et le contact du blé que tu me communiques,

Étincelante extase et d'ombre et d'énergie.


Oh ma bien-aimée, 
Rien d'autre que de l'ombre,

De l'ombre où tu m'accompagnerais dans tes songes

Et là tu me dirais l'heure de la lumière.



Extrait de « La Centaine d’Amour »



Pablo Neruda



Billet proposé par Aron O’Raney