Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Prière De L'Arbre




O toi l'Homme, écoute-moi…

Dans la froideur de l'hiver,
Je suis la chaleur du foyer, 

Je me consume, 
Pour te réchauffer.

Je suis l’ombrage rafraîchissant, 
Sous le soleil torride de l’été.

Je suis la charpente de ta maison, 
Et le toit de ton abri.

Je suis la planche de la table, 
Et la chaise sur laquelle tu te reposes.

Je suis la voûte de l'Église, 
Et celle des Cathédrales.

Je suis le lit du repos, 
Lorsque le dur labeur s'achève.

Je suis la matière qui vit, 
Qui crée l’harmonie du violon, 
Et le son de la flûte. 

Je suis le bois, 
Avec lequel tu construis les navires.

Je suis le manche de la faucille, 
Le patin du traîneau, 
La porte de l'enclos.

Je suis le coffret qui abrite, 
Le rouleau qui façonne la pâte, 
La cuillère qui remue ton potage.

Je suis le berceau de l'enfant, 
Et je serai ton cercueil, 
Quand tu quitteras ce monde.

O Homme je suis ton ami,
Alors, pourquoi me détruire.

Ta vie est indissoluble de la mienne,
Alors, Respecte-moi.



Billet proposé par Aron O’Raney