Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Plaisir… Souffrance…



N’est-il pas vrai que le but de toutes nos actions, c’est de fuir la douleur et l’inquiétude, et que lorsque nous sommes arrivés à ce terme,

L’esprit est tellement délivré de tout ce qui le pouvait tenir dans l’agitation, que l’homme croit être au dernier période de sa félicité,

Qu’il n’y a plus rien qui puisse satisfaire son esprit et contribuer à sa santé.

La fuite du plaisir fait naître la douleur, et la douleur fait naître le plaisir; c’est pourquoi nous appelons ce même plaisir

La source et la fin d’une vie bienheureuse, parce qu’il est le premier bien que la nature nous inspire dès le moment de notre naissance

Que c’est par lui que nous évitons des choses, que nous en choisissons d’autres, et qu’enfin tous nos mouvements se terminent en lui;

C’est donc à son secours que nous sommes redevables de savoir discerner toutes sortes de biens.

La frugalité est un bien que l’on ne peut trop estimer; ce n’est pas qu’il faille toujours la garder régulièrement, mais son habitude est excellente, 

Afin que n’ayant plus les choses dans la même abondance, nous nous passions de peu, sans que cette médiocrité nous paraisse étrange;

Aussi faut-il graver fortement dans son esprit que c’est jouir d’une magnificence pleine d’agrément

Que de se satisfaire sans aucune profusion.



Lettre à Ménécée.
Traduction : Jacques Georges Chauffepié.
Lefèvre, 1840 (pp. 487-493).



Épicure



Billet proposé par Aron O’Raney