Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Je ne « possède » l’amour qu’en le donnant !






L’Amour « l’Agapê » étant le seul Dieu qui ne soit pas une idole, on ne peut pas « l’avoir », on ne le « possède » qu’en le donnant.


Cet Amour est un Autre en nous, 
Une Autre conscience, 

Un Tout Autre amour que tous ceux 
Que nous avions connu Précédemment 

Et qu’on ne peut comparer à rien.


C’est en ce sens qu’il est Saint, 
« Kadesh » en hébreu veut dire : 
« Incomparable », 

Qui ne ressemble à rien de ce qui existe. 


Cet amour ne détruit rien, 
Ni l’enfant en nous avec ses besoins, 

Ni l’adolescent avec ses demandes, 
Ni l’adulte avec ses désirs, 

Mais il nous rend libres 

De toutes les formes d’amour 
Que nous avions pris pour l’amour. 


À ce niveau de conscience, 
Amour et Liberté s’embrassent, 

Il n’y a plus de dualité, 

L’homme est ouvert 
Dans toutes les dimensions de son être :

 « La hauteur, La largeur, La profondeur ».


Il demeure dans l’ouvert; une porte, 
Des bras se sont ouverts en lui 

Et nul ne les ferme...


Dans cet amour humain 
Gratuit et inconditionnel 

Se révèle un Être qui est Agapè,

Non un Acte pur d’exister, 
Un moteur immobile, 

Mais un Sujet Aimant, 
Ce qui ouvre l’Être... 


Faut-il encore développer, 
Comme le font certains Philosophes 
Et phénoménologues contemporains, 

Les conséquences de ce passage 
« de cette Pâque » 

D’une métaphysique de l’Être 
Á une métaphysique de l’Agapè, 


Dépassement des onto-théologies, 
Non vers l’insondable vacuité, 

Mais vers les abîmes du Don.


Extrait de « Qui aime quand je t'aime? » Albin Michel, 2005 — P 160.



Jean-Yves Leloup — Catherine Bensaïd — 



Billet proposé par Aron O’Raney