Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Aimée, Unis Ton Coeur


  



Aimée, 
Unis ton coeur au mien 
Pendant la nuit : 

Que dans notre sommeil 
Ils dissipent l'obscur 

Comme un double tambour 
Combattant dans le bois 

Contre l'épais rempart 
Du feuillage mouillé. 


Nocturne traversée, 
Sommeil aux braises noires 

Interceptant le fil 
Des raisins de la terre 

Ainsi qu'un train absurde 
En sa ponctualité 

Et sans cesse traînant 
L’ombre et les pierres froides. 


Mon amour, 
Relie-moi à ce mouvement pur, 

Cette ténacité qui frappe 
En ta poitrine 

Comme un cygne englouti 
Et dont battent les ailes. 


Qu'à l'interrogation 
Du ciel et des étoiles 

Réponde le sommeil 
Avec sa seule clé, 

Avec sa porte unique 
Et que l'ombre a fermé. 



Extrait de « La Centaine d'Amour »
Pablo Neruda a écrit ces Cent « sonnets de bois » 
À son grand amour, sa dernière femme Matilde Urrutia.



Pablo Neruda



Billet proposé par Aron O’Raney