Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Ondine






Ondine tu es fille de la mer,
Ton corps est d'eau pure,

Ô cousine de l'origan,

Et ton sang cuisinière,
Est de terre vivante,

Terrestres et fleuries,
Voilà tes habitudes.

Tes yeux regardent l'eau,
Et soulèvent les vagues,

Tes mains vont vers la terre,
En y lâchant les graines,

L'eau et la terre
Où sont tes domaines profonds

Se sont unies en toi
Par la loi de l'argile.

Naïade,
Ton corps fend la turquoise marine

Et bientôt, resurgi
Fleuri dans la cuisine

C'est ta façon à toi 
D'assumer ce qui est

Avant de t'endormir
Encerclée de mes bras

Qui,

Pour que tu reposes,
Écartent de ta nuit

Herbe, légumes, algues, écume
De tes songes


Extrait de La Centaine d'Amour
Cent « sonnets de bois » à son grand amour,
Sa dernière femme Matilde Urrutia.


Pablo Neruda



Billet proposé par Aron O’Raney