Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

L'Ordre Des Chevaliers Teutoniques


  



L'Ordre Des Chevaliers De L'Hôpital De Sainte-Marie Des Allemands

Tout débuta en 1128, quand plusieurs Allemands de la ville de Brême, soutenus par Étienne, patriarche de Jérusalem, fondèrent dans cette ville un hôpital pour accueillir et protéger les pèlerins de même origine. Bénéficiant de la jeune expérience des deux autres ordres, cette communauté fut aussitôt militaire comme le Temple, mais aussi hospitalière : placée tout d’abord sous l’autorité des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, elle prendra son indépendance à la chute de la Ville sainte. 


Sainte-Marie-des-Allemands, dirigée par Henri Walpot, son premier Maître, est reconnue dès 1190 et devient une puissance impressionnante avec deux mille chevaliers sous l’impulsion du quatrième Maître, Herman de Salza.


L’Ordre Teutonique (en allemand : Deutscher Ritter Orden), dit encore de Sainte-Marie-des-Allemands, tire son origine d’un poste de secours installé sous la tente, par de riches marchands de Brême et de Lübeck pendant le siège de Saint-Jean-d’Acre, au moment de la troisième croisade (1189-1192).

Cette institution primitive se développa sous le protectorat d’Allemands fortunés, et devint un hôpital destiné aux pèlerins et aux croisés tombés malades. 

À l’arrivée du duc Frédéric de Souabe, en 1190, son chapelain Conrad et son chambellan Burkhard en prirent la direction et donnèrent aux Hospitaliers la règle de Saint-Jean. 

La prise d’Acre en 1191 permit d’y transporter l’hôpital, qui fut appelé Hôpital des Allemands à Jérusalem, en prévision de l’installation du siège de l’ordre dans la ville Sainte. 

Le Pape Célestin III et l’empereur germanique Henri IV encouragèrent cette fondation; avec le concours des chevaliers de Saint-Jean et ceux du Temple. 

En mars 1198, les princes allemands convertirent l’institution en un ordre de chevalerie, appelé Ordre Teutonique et approuvé le 19 février 1199 par la bulle « Sacro Sancta Romana »de la part du pape Innocent III.

. Les chevaliers Teutoniques portaient un manteau blanc à croix noire; ils faisaient les trois vœux et s’engageaient à soigner les malades et à combattre les infidèles.

Le siège de l’ordre était à Acre d’où il fut transféré, après la perte de cette ville en 1291, à Venise, puis, en 1309, à Marienbourg, en Prusse, et à Koenigsberg en 1457.

. L’ordre fonda la ville de Kronstadt (Transylvanie) en 1211, et acquit de vastes possessions, surtout en Allemagne. Son 4e grand maître fut nommé prince de l’Empire par Frédéric II.



. En 1230, après un appel de Conrad, duc de Mazovie, vingt-et-un chevaliers Teutoniques et cent servants étaient allés en Prusse pour convertir ce pays encore païen. 

Cette conversion fut achevée en 1283, et la puissance de l’ordre devait se maintenir dans la région pendant deux cents ans.

L’ordre occupait les territoires de Kulm et Loebau, et avait fondé les villes de Toruń (1231), Marienbourg et Elbing.

Par ailleurs, l’Ordre de Dobrin, fondé en 1228 par Conrad de Mazovie, avait dû se fondre dans l’Ordre Teutonique en 1235.

. L’ordre tenta alors de coloniser l’Europe de l’Est. Après leur fusion avec l’Ordre Porte-Glaive (1237), la Livonie passa sous la suzeraineté des chevaliers Teutoniques; mais leur croisade vers l’Est fut un échec. 
Écrasés par Alexandre Nevski sur les glaces du lac Tchoudsk (1242), ils limitèrent leurs entreprises aux païens, et fondèrent Klaipeda (1252) et Koenigsberg en 1255. Au XIVe siècle, ils établirent leur domination sur la Pomérélie et Dantzig (1308-1309), l’Estonie et la Courlande.

De longues guerres commencèrent contre Pologne et la Lituanie. L’ordre fut vaincu par Ladislas II Jagellon à la bataille de Tannenberg le 15 juillet 1410; il perdit 40.000 hommes et dut abandonner la Samogitie.

. Après la guerre de treize ans, en 1466, l’ordre perd la Prusse Occidentale, puis tous ses territoires de l’Est en 1525, et doit se retirer en Allemagne.

. Le 10 avril 1525, le grand maître Albrecht de Brandebourg ayant embrassé la religion protestante se fit proclamer, par le Traité de Cracovie, duc de Prusse. 

Cependant, les chevaliers demeurés fidèles à la foi catholique élurent pour chef de l’ordre, en 1526, Walther de Cronberg, dont la résidence fut fixée à Mergentheim, en Franconie, avec l’approbation de Charles Quint; le Saint-Empire conféra désormais l’investiture au grand maître.

. En 1805, le Traité de Presbourg fit de la grande maîtrise un apanage de la lignée masculine des Habsbourg-Lorraine.

. Dissous en Allemagne par Napoléon en 1809, l’ordre est rétabli en 1834 par l’empereur Ferdinand Ier d’Autriche.

. L’archiduc Eugène, le grand maître de l’ordre, ayant renoncé le 30 avril 1923 à cette dignité, l’évêque Norbert-Jean Klein fut élu le même jour grand maître et réélu le 13 juin 1930.

. Après l’Anschluss en 1938, Hitler supprime l’Ordre Teutonique en Autriche, mais celui-ci sera rétabli dans ses droits en 1947.

. Depuis le 27 novembre 1929, l’organisation n’est plus un ordre de chevalerie, mais un ordre religieux, privilégiant néanmoins les authentiques valeurs de la chevalerie. Son appellation est transformée en « Frères de l’Ordre Allemand de Sainte-Marie-de-Jérusalem ». 

La grande maîtrise en est assurée par un abbé mitré dont l’autorité ne dépend que du pape. L’ordre compte aujourd’hui un millier de membres, prêtres, religieuses et laïcs, qui poursuivent dans ses dispensaires et ses écoles, l’œuvre des hospitaliers d’origine.



http://lorl.free.fr/teutonic.htm



Billet proposé par Aron O’Raney