Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Trente Ans De Bêtises Et D'imprévoyance







L'Économie Est Décidément Une Chose Trop Importante Pour Être Confiée Aux Politiques.


C'est en vertu de cet adage, à la mode ces temps-ci, que la Grèce et l'Italie ont placé à leur tête des techniciens sans charisme ni états d'âme.

À quand notre tour ? 

La France n'a pas eu à se plaindre du passage à Matignon du professeur Barre (1976-1981).

S'ils étaient honnêtes, ses contempteurs de droite ou de gauche reconnaîtraient maintenant que Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque de France, 

puis de la Banque centrale européenne, avait raison sur toute la ligne quand il dénonçait la mauvaise pente qui nous a menés là où nous en sommes aujourd'hui, plombés par la dette et les déficits.

Tant qu'ils seront gouvernés par des politiciens qui ne songent qu'à l'élection suivante, et non à la prochaine génération, 

nos pays fatigués de la vieille Europe ont peu de chances de remonter cette pente qu'ils ont dévalée sous l'effet du « court-termisme » et de l'électoralisme, 

les deux maladies qui ont coulé nos économies comme celle des États-Unis.

Il y a quelque chose de pathétique, pour ne pas dire plus, à entendre nos politiciens dénoncer les agences de notation, comme si c'étaient elles, et non leur propre incurie et leur propre laxisme, 

qui nous avaient conduits dans le mur, après trente ans de bêtises, de folies et d'imprévoyance, où l'on a vécu au-dessus de nos moyens, au nom d'un " keynésianisme pour cours élémentaire ". 

Il faudra bien, un jour, en tirer les leçons.

Pour ne pas recommencer.

Mais c'est sans doute trop demander...


Édito Le Point du 23 novembre 2011



Franz-Olivier Giesbert



Billet proposé par Aron O’Raney