Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Se Nourrir Du Tao






— XLVI —


Lorsque le Tao régnait dans le monde, on renvoyait les chevaux pour cultiver les champs.

Depuis que le Tao ne règne plus dans le monde, les chevaux de combat naissent sur les frontières.

Il n'y a pas de plus grand crime que de se livrer à ses désirs.

Il n'y a pas de plus grand malheur que de ne pas savoir se suffire.

Il n'y a pas de plus grande calamité que le désir d'acquérir.

Celui qui sait se suffire est toujours content de son sort.


— XLVII —


Sans sortir de ma maison, je connais l'univers; sans regarder par ma fenêtre, je découvre les voies du ciel.

Plus l'on s'éloigne et moins l'on apprend.

C'est pourquoi le sage arrive où il veut sans marcher; il nomme les objets sans les voir, sans agir, il accomplit de grandes choses.


— XLVIII —


Celui qui se livre à l'étude augmente chaque jour ses connaissances.

Celui qui se livre au Tao diminue chaque jour ses  passions.

Il les diminue et les diminue sans cesse jusqu'à ce qu'il soit arrivé au non agir.

Dès qu'il pratique le non agir, il n'y a rien qui lui soit impossible

C'est toujours par le non agir que l'on devient le maître de l'empire.

Celui qui aime à agir est incapable de devenir le maître de l'empire.




La Voie Du Tao, Livre II — XLVI, XLVII, XLVIII — P 42,43




Billet proposé par Aron O’Raney