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La Demande Palestinienne À L'Unesco...





L'église de la Nativité est l'une des églises les plus anciennes de la chrétienté 
Photo AFP


« L'église De La Nativité Doit Être Reconnue Comme Étant Le « Lieu De Naissance De Jésus »


La Palestine demande l'inscription de la basilique au Patrimoine mondial.


Les dirigeants palestiniens espèrent capitaliser sur l'adhésion à l'UNESCO de la Palestine en tant qu'État en obtenant l'inscription de la basilique de la Nativité de Bethléem au Patrimoine mondial, une candidature loin de faire l'unanimité.


Devenue en octobre 2011 membre à part entière de cette agence de l'ONU, une première, la Palestine demande l'enregistrement de « l'église de la Nativité et la route du pèlerinage, à Bethléem » en tant que « Lieu de naissance de Jésus », lors de la session annuelle du Comité du Patrimoine mondial réunie jusqu'au 6 juillet à Saint-Pétersbourg (Russie).

« Bethléem, sa Vieille ville et ses églises ont été victimes d'attaques militaires israéliennes délibérées, en 1967 et de nouveau entre 2001 et 2002. 

La majeure partie de ce qui a été restauré par la communauté internationale (...) a été détruit par les forces d'occupation », affirment les institutions de Bethléem, dans une lettre ouverte au Comité.

« Notre désignation comme site du Patrimoine mondial n'est pas seulement un droit, c'est une nécessité », assurent-elles.

« Nous pensons que tous nos amis qui ont voté pour la Palestine à l'UNESCO voteront pour Bethléem à Saint-Pétersbourg. 

Il est très important pour nous que les touristes fassent ce circuit et visitent Bethléem en tant que ville palestinienne », a déclaré à des journalistes le maire adjoint, Georges Saadé.

Haut lieu de pèlerinage, Bethléem est le premier site touristique des Territoires palestiniens (deux millions de visiteurs en 2011). 

Datant de l'empereur romain Constantin, au 4e siècle et restaurée au 6e siècle sous Justinien, la basilique de la Nativité est l'une des églises les plus anciennes de la chrétienté.

« Nous avons besoin de 19 millions d'euros pour restaurer l'église », dont le toit pourrissant laisse passer l'eau, a indiqué Ziad al-Bandak, chef de la commission pour la rénovation de la basilique. 

« À présent, nous avons 1 million d'euros de l'Autorité palestinienne et un demi-million d'euros du secteur privé, 200.000 de la France, 100.000 de la Hongrie et 150.000 dollars de la Russie », selon lui.

La décision revêt également un fort enjeu économique, car le classement d'un site facilite le déblocage d'aides pour la préservation et entraîne une hausse de la fréquentation touristique.

La demande palestinienne a été présentée en « urgence » du fait du « délabrement et de la dégradation de l'ensemble architectural » en raison de l'absence de travaux de restauration sérieux depuis 50 ans.

Mais cette candidature a connu un premier revers avec l'avis défavorable des experts du Conseil international des monuments et des sites (Icomos), qui ont recommandé à la Palestine de revoir sa copie, déplorant l'absence d'étude « sur la pertinence des délimitations ou les exigences de protection et de gestion » du site.

L'ambassadeur palestinien à l'Unesco Elias Sanbar a critiqué un avis « politisé » sous la pression des États-Unis et d'Israël. 

« Ceux qui ont perdu la bataille du vote de l'entrée de la Palestine à l'UNESCO veulent nous empêcher d'exercer nos droits ».

Les Églises gardiennes des lieux saints — Grecque orthodoxe, latine (catholique romaine) et arménienne — ont exprimé des réserves sur la candidature palestinienne de crainte d'une « instrumentalisation » du site.

« Nous n'avons aucune objection à l'inclusion de l'église de la Nativité au patrimoine de l'Humanité de l'UNESCO. 

Mais nous sommes opposés à la demande des Palestiniens de recourir à la procédure d'urgence parce que c'est une façon de laisser entendre qu'Israël ne protège pas le site », a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Yigal Palmor.

« C'est la première fois que la Palestine exercera son droit souverain en tant que nation », répond Omar Awadallah, du ministère palestinien des Affaires étrangères.

Le dossier sera probablement tranché par un vote du Comité du Patrimoine qui peut aller contre l'avis des experts.


L’Orient-Le Jour > À La Une > 28 juin 2012 — OLJ/Agences-



Billet proposé par Aron O’Raney