Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

En Chemin Vers Arunachala




Sri Ramana Maharshi — (1879-1950)



Quelque temps plus tard, poussé par l’appel de la montagne sacrée, Ramana s’enfuit comme un voleur avec quelques roupies « empruntées ».

Il laissera une simple note à ses parents : « Je suis parti à la recherche de mon Père selon son commandement ». 

« Ceci » (en parlant de lui-même) est simplement engagé dans une entreprise vertueuse, il n’est donc pas nécessaire que quiconque critique cet acte et ne dépense d’argent pour rechercher « ceci ».

Après un voyage épique et plein d’imprévus – car il ne savait pas vraiment où il allait –, le jeune homme parvint enfin au but ultime ; Arunachala , la colline rouge.

Il jette les quelques piécettes qui lui restaient dans un bassin sacré, se fait raser le crâne et, le 1er septembre 1896, il pénètre dans le grand temple de Tiruvannamalai.

Après avoir traversé ses vastes cours et parcouru ses couloirs de granit, il parvient au cœur du sanctuaire.

Là, dans le Saint des Saints, Ramana tombe en extase devant l’antique Siva-lingham.

C’est dans cet état qu’il va s’isoler en silence dans la salle aux Mille piliers ouverte sur la première cour du temple.

Importuné par des enfants il se réfugie alors dans une crypte désaffectée cachée sous les dalles du bâtiment et, pendant plusieurs semaines, il demeure immobile dans la pénombre humide jouissant de l’union parfaite avec le Soi, son « Père ».

L’un des nombreux sâdhus du temple s’appliqua à protéger le jeune ermite du harcèlement des enfants qui lui jetaient des cailloux, ce fut son premier disciple.

Il décida ensuite de tirer cet étrange méditant d’une cellule où il risquait de mourir d’inanition. 

Ramana fut lavé, nourri, soigné et pris en charge par un groupe de sâdhus qui le surnommèrent alors « Brahmana swami ».

Le jeune swami demeurait muré dans son silence, son esprit totalement détaché du monde, mais cela ne l’empêchait pas de s’attirer des disciples.

Il résida en différents sanctuaires puis s’établit dans une grotte aménagée sur la colline : Virupaksa cave. Là, il s’immergea à nouveau dans sa paix intérieure.

Les évènements de la jeunesse du jeune swami, ainsi que de nombreuses anecdotes, sont racontés dans les témoignages de ces disciples des premiers instants.

Tous ont vécu ensuite dans la lumière de celui qu’ils ont admis comme leur gourou et tous ont vécu jusqu’à un âge très avancé.

Ayant enfin retrouvé sa trace, la mère de Ramana vint l’implorer de retourner à la maison ; celui-ci resta immergé dans son silence et ne réagit à ses larmes. Plus tard, elle décida de revenir et de s’installer auprès de son fils à Skandashram , une grotte aménagée près d’une source à mi-pente du mont.

Là, après qu’il l’eut guérie d’une grave typhoïde, elle demeura jusqu’à sa mort, comme simple disciple, dans le rayonnement de son fils.

Un nombre croissant de visiteurs bravait les pentes caillouteuses d’Arunachala pour venir s’asseoir auprès du Chinna swami – ainsi qu’il fut alors renommé — celui-ci avait retrouvé la parole et s’entretenait volontiers avec les curieux et les disciples, répondant à leurs questions ou commentant les textes sacrés qu’on lui lisait.

Mais sa renommée avait depuis longtemps dépassé les limites de la ville, et, bien qu’il ne quittait jamais sa grotte que pour arpenter la montagne, Ramana Maharshi recevait des personnes venues de toute l’Inde britannique.

C’est ainsi que des voyageurs occidentaux, attirés par la rumeur, ou par quelque mystérieux pouvoir spirituel, parvinrent jusqu’à l’ermitage du sage et s’assirent à ses pieds : Paul Brunton, Sydney Cohen, le major Chadwick seront les premiers porte-parole de son enseignement en Occident.

Après la mort de sa mère, Ramana Maharshi – c’est ainsi que tout le monde le nommait maintenant – descendit s’installer auprès de son tombeau, au pied de la montagne.

Ce fut la naissance de Ramanashram, l’actuel ashram ; une simple hutte de bambou et de feuilles de palme, plantée près d’un bassin sacré sur le chemin rituel du pradakshina autour du mont.

Ce lieu plus accessible permit à un nombre croissant de visiteurs de venir s’asseoir auprès du sage et de goûter la paix et le silence qui semblaient émaner de sa présence.

Attirées par la montagne et le rayonnement de Ramana, des centaines de personnes en quête d’absolu venaient chaque jour lui rendre visite et lui posaient d’innombrables questions d’ordre personnel, religieux ou spirituel.

Inlassablement il répondait, conseillait, ou écoutait en silence.



Le Sage D’arunachala — 



Bhagavan Sri Ramana Maharshi



Billet proposé par Aron O’Raney