Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

L’Expérience Libératrice De La Mort




Sri Ramana Maharshi — (1879-1950)



Qui Était Cet Homme Simple, Vivant Presque Nu Sur Sa Montagne De Pierres Brûlantes ? 

Qu’a T’il Fait D’extraordinaire Pour Recevoir Tant D’honneurs Et Susciter Tant De Ferveur À L’instant De Sa Mort ?


Lui Le Sage D’Arunachala


Le grand paradoxe spirituel de celui que l’on nommera plus tard « Bhagavan » est que le jeune Venkataraman Ayer ne suivra aucun enseignement particulier et ne pratiquera aucune des disciplines et ascèses suivies par tous les chercheurs spirituels en quête de l’Éveil ; il n’aura ni maître ni gourou. 

Les écritures sacrées et les pratiques rituelles lui sont étrangères ; il entrera en sainteté innocent, directement par la grande porte : celle, abrupte, de l’expérience de la mort.

L’enfant naîtra le jour de la procession annuelle de Siva Nataraja, à l’instant où le Dieu rentra dans le temple de Tiruchili au Tamil Nadu. C’était le 30 décembre 1879.


Venkataraman passa une enfance sans histoire entre ses parents et ses frères recevant l’éducation d’un jeune brahmane ; ses seules lectures étant celles de la vie des saints tamouls qu’il découvre vers seize ans.

Cependant, la visite d’un oncle lui révèle l’existence d’Arunachala ; le mot même le met en émoi et éveil en lui un profond désir d’absolu.

Lorsqu’il apprit qu’il s’agissait d’une montagne des environs de Gingee, plus au Nord, il se sentit irrésistiblement attiré par ce lieu.

Mais l’expérience déterminante le saisit à dix-sept ans alors qu’il se trouvait seul dans sa chambre :

« Je fus pris soudain d’une violente peur de la mort (…)

Je me disais : je vais mourir ! Et je me demandai que faire ; il ne me vint pas à l’idée d’appeler quelqu’un (…)

Je sentais qu’il me fallait résoudre moi-même le problème sur le champ (…)

Je me répétais : maintenant que la mort est là, que signifie — t’elle, qu’est-ce que mourir ?

C’est ce corps-là qui meurt !

Je m’allongeais et laissais mon corps rigide, mais étais-je mort par la mort de mon corps ?

Mon corps est-il « moi » ?

Et je réalisais soudain que l’esprit lui ne pouvait être touché par la mort ; ce qui veut dire que je suis un esprit immortel.

L'Atman, le Soi, était la seule chose réelle au cœur de cette expérience. La crainte de la mort avait disparu pour toujours et l’absorption dans le Soi se poursuivit sans interruption. »

Telle fut la seule initiation spirituelle reçue par le jeune homme ; expérience irrémédiable et déterminante sur laquelle il engagea toute sa vie : la fusion définitive de sa conscience dans l’Esprit Universel.



Bhagavan Sri Ramana Maharshi



Billet proposé par Aron O’Raney