Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

L’Être Et Le Tao



— XL —



Le retour au non-être engendre le mouvement du Tao.

La faiblesse est la caractéristique du Tao.

Toutes les choses du monde sont nées de l'être ; l'être est né du non-être.


— XLI —


Quand les lettrés supérieurs ont entendu parler du Tao, ils le pratiquent avec zèle.

Quand les lettrés du  second ordre ont entendu parler du Tao, tantôt ils le conservent, tantôt ils le perdent.

Quand les lettrés inférieurs ont entendu parler du Tao, ils le tournent en dérision.

S'ils ne le tournaient pas en dérision, il ne mériterait pas le nom de Tao.

C'est pourquoi les Anciens disaient : Celui qui a l'intelligence du Tao paraît enveloppé de ténèbres.

Celui qui est avancé dans le Tao ressemble à un homme arriéré.

Celui qui est à la hauteur du Tao ressemble à un homme vulgaire.

L'homme d'une vertu supérieure est comme une vallée.

L'homme d'une grande pureté est comme couvert d'opprobre.

L'homme d'un mérite immense paraît frappé d'incapacité.

L'homme d'une vertu solide semble dénué d'activité.

L'homme simple et vrai semble vil et dégradé.

C'est un grand carré dont on ne voit pas les angles ; un grand vase qui semble loin d'être achevé ;

une grande voix dont le son est imperceptible ; une grande image dont on n'aperçoit point la forme.

Le Tao se cache et personne ne peut le nommer.

Il sait prêter secours aux êtres ;  et les conduire à la perfection.



La Voie Du Tao, Livre II — XL — P 39 —
Billet proposé par Aron O’Raney