Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

L’Écriture Égyptienne






La langue égyptienne


Chose logique si on pense à la situation géographique du pays, l'égyptien ancien a des points communs avec les langues africaines et orientales, tant anciennes qu'actuelles : il est à lui seul un des trois rameaux du groupe linguistique dit « chamito-sémitique ».

Les autres rameaux sont le sémitique et le chamitique, ce dernier étant subdivisé en libyco-berbère et en couchitique, les langues d'Afrique Orientale.

La principale conséquence pour l'écriture est que, en règle générale, seules les consonnes sont notées :

Il est aujourd'hui impossible de prononcer un texte égyptien.


Les idéogrammes et leurs limites


Certains caractères sont utilisés comme des images :

Pour écrire « boeuf », on dessine un boeuf ou une tête de bovidé.

On peut, de même, dessiner des animaux, une montagne, un bateau, une plante, pour peu qu'elle soit bien caractérisée...

De tels signes, immédiatement compréhensibles par tous, internationaux et intemporels, car ils ne nécessitent pas la compréhension de la langue, sont appelés idéogrammes.

Mais le système a ses limites, car un idéogramme peut être ambigu :

Un grain évoque-t-il du blé ou bien de l'orge ?

Il existe par ailleurs des concepts qui ne se dessinent pas, comme les abstractions telles justice, méchanceté, beauté..., les sentiments comme la joie, la tristesse, l'amour..., les noms propres et les liens de parenté...

Ces mots pourtant se prononcent : il suffit donc d'utiliser des signes, non plus pour leur valeur d'image, mais pour leur prononciation.


Phonogrammes et déterminatifs



Adjoints à un idéogramme, en complément phonétique, ces signes permettront de distinguer entre le blé et l'orge, pour reprendre le premier exemple.

Il peut être aussi nécessaire de combiner plusieurs signes, en décomposant la prononciation du mot qu'on souhaite écrire, selon le principe du rébus.

Les signes employés pour leur valeur phonétique sont appelés phonogrammes.

Certains de ces phonogrammes ont la valeur d'un son simple « unilitéres », d'autres en valent deux « bilitères », ou trois « trilitères ». Un même signe peut, en alternance, servir d'idéogramme ou de phonogramme.

La dernière difficulté à contourner est celle de l'homophonie :

Dans une écriture qui ne note que les consonnes, plusieurs termes, de sens et de prononciation différents, peuvent s'écrire de la même manière : ainsi les mots « pyramide », « aimer »....

Il faut alors ajouter en fin de mot un signe qui ne se lit pas, mais indique à quelle catégorie de sens se rattache le « squelette consonantique » que l'on a sous les yeux.

Ce signe est appelé déterminatif.

Un même signe peut encore, être en alternance idéogramme, phonogramme ou déterminatif.


Plusieurs écritures


A strictement parler, l'adjectif hiéroglyphique ne désigne que l'écriture réalisée à l'aide de signes soignés et détaillés, parfaitement reconnaissables au premier coup d'oeil.

Réservée aux parois des temples, aux monuments et aux inscriptions solennelles, cette écriture demande beaucoup de temps, et on pourrait la comparer à nos caractères d'imprimerie.

Elle perdure jusqu’à la fin de la civilisation égyptienne :

la dernière inscription connue à ce jour figurant sur le temple d'Isis à Philae est datée de 394 apr. J.-C.




Billet proposé par Aron O’Raney