Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

L’Authentique Bodhisattva







 Compassion et amour inconditionnel sont inhérents à l'esprit de bouddha parce qu'il est tout, et que tout est lui.

À celui qui l'a réalisé, il est aussi naturel de les manifester qu'il est dans la nature du feu d'éclairer et de chauffer.

D'autre part, du fait qu'ils ne se développent pas au sein de l'illusion de la séparation et ne sont pas de ce fait contaminés par les réactions égotiques,

ils sont stables, au contraire des états affectifs ordinaires, éminemment changeants.

Pour cette même raison, l'amour et la compassion du sage ne s'adressent pas seulement aux êtres humains, mais à toutes les existences, qu'elles soient animales ou végétales.

C'est qu'en effet, la vision juste fait éclater les distinctions courantes entre personnes et non-personnes, mammifères et non mammifères,

êtres animés et êtres inanimés, ouvrant ainsi la porte à un amour et à une compassion véritablement universels.

Comme l'affirme le Sutra du Diamant, « si un bodhisattva entretient l'idée d'un soi, d'une personne, d'un être vivant ou d'une existence séparée, il ne saurait être un authentique bodhisattva ».

Il nous faut abandonner les catégories et les concepts créés par le mental si nous voulons embrasser l'univers et toutes ses existences dans un seul amour et une unique compassion.

C'est ce que fit le Bouddha sa vie durant, comme l'exprime on ne peut plus clairement Hans Wolfgang Schumann (*) dans l'excellente biographie qu'il lui consacra :

« Le Bouddha, dit-il, avait de la compassion en abondance et la dirigeait vers toutes les sphères du monde vivant.

Les professions causant de la souffrance aux gens ou aux animaux..., il les considérait comme incompatibles avec la manière juste de gagner sa vie et y faisait objection.

Il abhorrait le sacrifice des animaux et avait même de la compassion pour les plantes lorsqu'il rejetait la destruction et le dommage causés aux graines et aux plantes.* »

À l'heure où la nature est plus que jamais meurtrie par les dommages que lui cause l'avidité humaine,

puissent de plus en plus d'hommes s'inspirer de son exemple en suivant la Voie par lui transmise.


(*) Hans Wolfgang Schumann : Le Bouddha historique — Éditions Sully —



Gérard Chinrei Pilet (1)



(1) Gérard Chinrei Pilet est un Disciple de Maître Deshimaru qu'il rencontre en 1970, il reçoit l'ordination de Bodhisattva en 1975,  celle de moine en 1978, et reçoit la transmission du Dharma de Yuko Okamoto en 2009. Gérard Chinrei Pilet enseigne le bouddhisme zen Sôtô au dojo zen d'Annonay, en Ardèche. Il dirige aussi des sessions de méditation en France et à l'étranger.





Billet proposé par Aron O’Raney