Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

La Vision Bouddhiste De L'Univers







Lorsqu'on se demande quelle est la cause substantielle du monde matériel à rebours de l'histoire de l'univers, 

on remonte jusqu'à ces particules d'espace qui sont devenues les éléments qui composent ce monde manifeste.

On peut alors se demander si ces particules d'espace ont elles-mêmes eu un commencement.

La réponse est non.

Elles sont dépourvues de commencement.

Là où certains autres systèmes philosophiques affirment que la cause première est Dieu, le Bouddha nous suggère une autre façon de voir :

Et si la ou les causes premières n'existaient tout simplement pas ?

Le monde n'a pas de commencement.

Alors surgit une nouvelle question :

Pourquoi n'a-t-il pas de commencement ?

La réponse est que c'est sa nature. Il n'y a pas de raison particulière.

La matière est seulement la matière.

Le problème est plutôt celui-ci :

Qu'est-ce qui justifie l'évolution de l'univers telle que nous la connaissons ?

Qu'est-ce qui justifie l'existence des particules dispersées dans l'espace qui ont formé l'univers tel qu'il nous apparaît ?

Pourquoi tout cela a-t-il suivi certains processus de changement selon un certain ordre ?

Les bouddhistes répondent qu'il existe une condition qui rend tout cela possible, et cette condition, c'est la conscience des êtres animés.

Par exemple, au cours des cinq derniers milliards d'années, l'âge de notre planète, des micro-organismes et des êtres animés sont apparus, respectivement il y a deux et un milliards d'années.

Nous appelons « être animé » tout être qui ressent le plaisir et la douleur.

Et notamment au cours du dernier milliard d'années, on observe une évolution vers des organismes plus complexes.

À présent, nous autres, les êtres humains, nous faisons l'expérience de ce monde.

Or une relation s'établit entre notre environnement et nous puisque, en effet, nous faisons l'expérience du plaisir et de la douleur relativement à cet environnement.

Les bouddhistes demandent alors : pourquoi fait-on l'expérience de l'univers sur ce mode relationnel ?

La cause elle-même du plaisir et de la douleur dont nous faisons l'expérience ici renvoie au fait que nous avons contribué à quelque

chose, quelque part, à un certain moment du passé, dans l'évolution qui a abouti à la situation présente.

C'est ici que la question du karma intervient.

L'univers précédant celui-ci était composé d'êtres animés qui partageaient avec nous des continuums de conscience et de ce fait 

fournissent une connexion de l'ordre de la conscience entre leur univers et le nôtre.




Le pouvoir de l'esprit, extrait Fayard


Dalaï-Lama



Billet proposé par Aron O’Raney