Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Jean de Montecorvino, Un Missionnaire En Chine



  



Giovanni de Montecorvino ou Jean de Montecorvino (1247-1328) est né vers 1247 à Montecorvino, dans le sud de l'Italie.

Ce missionnaire fut tout d'abord envoyé en Petite Arménie et en Perse vers 1287-1288, où il acquit quelques notions de langues orientales.

Le Pape Nicolas IV l'envoie par la suite jusqu'en Chine, pour favoriser l'union entre chrétiens et obtenir l'évangélisation et la conversion des non-chrétiens.

Après un passage dans de nombreux pays d'Asie, Giovanni de Montecorvino quitta l'Inde pour la Chine. Il débarqua à Zaïton (Tsiuan-Tcheou) dans le Fo-Kien afin de gagner Khambaliq (Pékin) qui était la capitale de la Chine et la résidence du Grand Khan Qubilaï, vers qui il était envoyé, mais qui venait de décéder (1294).

Son successeur Temür le reçut avec solennité, mais sans espoir de conversion. 

Giovanni bénéficia cependant d'une certaine faveur de la part du Khan qui l'autorisa à s'établir dans la capitale, à annoncer l'évangile et à construire une église.

Il se heurta toutefois à l'hostilité des chrétiens nestoriens, présents en Chine depuis plusieurs siècles et tolérés à la cour du Grand Khan.

Cependant, un prince royal, Korgis, connu comme le prince Georges, de la tribu nestorienne des Ongüt, embrassa la foi chrétienne, ainsi que son fils, et un nombre important de ses sujets.

Ce fut la première communauté catholique de rite latin, chez les Mongols. Giovanni construisit, à leur intention une église à Olöm-Sume. Vers 1950, des archéologues chinois y découvriront les restes d'une église du XIIIe siècle.

L'aventure missionnaire de Giovanni de Montecorvino ne fut connue en Occident que plus de 15 ans après son arrivée à Khambaliq, c'est-à-dire 18 ans après son départ d'Italie.

Les responsables de l'Ordre franciscain le pensaient mort.

En 1305, Giovanni réussit à faire parvenir au Pape une lettre où il demandait du renfort pour la mission. Sitôt connue, la lettre suscita l'enthousiasme en Occident et beaucoup de franciscains et dominicains furent volontaires pour partir à leur tour.

En 1307, le Pape Clément V fit désigner sept frères mineurs qui furent consacrés évêques avant leur départ en mission : les survivants devraient consacrer le nouvel archevêque et se mettre sous sa juridiction pour étendre la mission.

Trois seulement arrivèrent à destination, les autres périrent en route.

Giovanni devint ainsi l'archevêque du plus grand diocèse de la chrétienté, qui s'étendait de la mer de Chine jusqu'aux Balkans; il mourut à l'âge de 81 ans, en 1328.

La chrétienté fondée par les franciscains en Chine dura jusque vers 1368, puis disparut en raison d'un changement de dynastie : les Ming étaient hostiles aux chrétiens, tandis que l'Europe, décimée par la grande peste ne pouvait plus envoyer de nouveaux missionnaires.

L'Église latine traversait la crise du Grand Schisme qui détournait son intérêt pour la mission.

Il faudra attendre le XVIe siècle, avec l'arrivée des missionnaires Jésuites pour la relance de l'évangélisation en Chine.



lililele,
Source : ruyi-france.com




Billet proposé par Aron O’Raney