Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Ibn Battuta, Le Grand Voyageur


  



Abu Abdullah Muhammad Ibn Abdullah Al Lawati Al Tanji Ibn Battuta est né le 24 février 1304 à Tanger il est mort en 1369 à Marrakech. 

C'est un Berbère originaire de Tanger, explorateur et voyageur de l'ethnie Luwata, il parcourut de nombreuses contrées à travers le monde; et Il fut l'un des rares voyageurs arabes ayant atteint la Chine et écrit ses mémoires.

Ce pèlerin musulman a voyagé à travers le Moyen-Orient et une partie de l'Asie.

Après avoir traversé l'Égypte, la Mecque, l'Iran, puis l'Inde du Nord et sa capitale Delhi où il séjourna huit ans, il s'embarqua à bord d'un navire vers Sumatra et Java pour arriver à Quanzhou en Chine.

Il arrive à Pékin par le grand canal impérial et découvre la Chine sous la domination de la dynastie Yuan; il y constate la dureté du régime et le contrôle sévère qu'il exerce sur la population.

De retour à Tanger en 1349, il rédige ses notes de voyage saisissantes qui décrivent les machines hydrauliques, le papier monnaie, la fabrication de la porcelaine et la construction des navires.


Voici un extrait de ses découvertes rapportées dans son livre « Voyages » :


« Tous les habitants de la Chine et du Khitha emploient comme charbon une terre ayant la consistance ainsi que la couleur de l'argile de notre pays. On la transporte au moyen des éléphants, on la coupe en morceaux de la grosseur ordinaire de ceux du charbon chez nous, et l'on y met le feu. Cette terre brûle à la manière du charbon, et donne même une plus forte chaleur. [...]

Les Chinois vendent et achètent au moyen de morceaux de papier, dont chacun est aussi large que la paume de la main, et porte la marque ou le sceau du sultan. [...]

On ne fabrique pas en Chine de porcelaine, si ce n'est dans les villes de Zeïtoûnet de Sîn-calân. Elle est faite au moyen d'une terre tirée des montagnes qui se trouvent dans ces districts. [...]

Il y a les plats ou assiettes, qu'on appelle dest; elles sont faites avec des roseaux, dont les fragments sont réunis ensemble d'une manière admirable; on les enduit d'une couche de couleur ou vernis rouge et brillant. Ces assiettes sont au nombre de dix, l'une placée dans le creux de l'autre; et telle est leur finesse que celui qui les voit les prend pour une seule assiette. Elles sont pourvues d'un couvercle, qui les renferme toutes. On fait aussi de grands plats, avec les mêmes roseaux. Au nombre de leurs propriétés admirables sont celles-ci : qu'ils peuvent tomber de très haut sans se casser; que l'on s'en sert pour les mets chauds, sans que leur couleur en soit altérée, et sans qu'elle se perde.[...]

On m'a assuré que l'empereur avait donné l'ordre aux peintres de faire notre portrait; ceux-ci se rendirent au château pendant que nous y étions; ils se mirent à nous observer et à nous peindre, sans que nous nous en fussions aperçus. C'est, au reste, une habitude établie chez les Chinois de faire le portrait de quiconque passe dans leur pays. La chose va si loin chez eux à ce propos que, s'il arrive qu'un étranger commette quelque action qui le force à fuir de la Chine, ils expédient son portrait dans les différentes provinces, en sorte qu'on fait des recherches, et en quelque lieu que l'on trouve celui qui ressemble à cette image, on le saisit. [...]

Ils ordonnent ensuite [après le décompte des personnes] au patron du bâtiment de leur dicter en détail tout ce que la jonque contient en fait de marchandises, qu'elles soient de peu de valeur ou d'un prix considérable. Alors tout le monde débarque, et les gardiens de la douane siègent pour passer l'inspection de ce que l'on a avec soi. S'ils découvrent quelque chose qu'on leur ait caché, la jonque et tout ce qu'elle contient deviennent propriété du fisc. »



Source : Lililele, pour Chine Informations




Billet proposé par Aron O’Raney