Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

C’est Lui...





Aussi haut que je remonte, le seigneur, c'est lui



Quand je cherche le cœur, il est voleur des cœurs

Quand je cherche la paix, il est l'intercesseur

Quand je m'en vais en guerre, le poignard, c'est lui

Quand je vais à la fête, il est le vin et la nourriture

Quand je vais au jardin, le jasmin, c'est lui

Quand je vais à la mine, il est agate et rubis

Quand je plonge dans la mer, la perle, c'est lui

Quand je vais au désert, l'oasis, c'est lui

Quand je monte au firmament, l'étoile, c'est lui

Quand je prends patience, ma tutelle, c'est lui

Quand je brûle de douleur, l'encensoir, c'est lui


En temps de guerre quand je pars au combat

Le protecteur des rangs,

le général des troupes,

c'est lui


Quand je viens au banquet lors des réjouissances

L'échanson et le musicien et la coupe,

c'est lui


Quand j'écris une lettre à l'attention d'un ami

Le papier et la plume et l'encre,

c'est lui


Lorsque je me réveille,

il est fraîche conscience


Lorsque je veux dormir,

dans mon sommeil,

c'est lui


Quand je cherche pour mes poèmes une rime

Dans l'esprit, l'épandeur des rimes,

c'est lui


Quelque forme que tu imagines

Tels le peintre et la plume,

dans ta tête,

il y a lui


Lorsque tu regardes encore au-delà

Au-delà de ton au-delà,

il y a lui


Va, quitte paroles et cahiers Au-delà

Car bien mieux que tes cahiers,

il y a lui


Silence,

car les six directions regorgent de sa lumière

Si tu dépasses les six directions,

l'arbitre, c'est lui


Shams de Tabriz, bonheur,

il est de nature solaire


Il est « solairement »

Lui-même digne de lui.



LAR, N° 2251.

Djalâl ad-Dîn Rûmî

Billet proposé par Aron O’Raney