Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Ce Qui Est Né De L'Esprit Est Esprit







On lit chez Saint Jean : « A moins de renaître de l'eau et de l'Esprit, personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu ».

Renaître parfaitement du Saint-Esprit en cette vie, c'est avoir l'âme très semblable à Dieu par la pureté, ne retenir en soi aucun mélange d'imperfection.

C'est ainsi que peut s'accomplir la pure transformation de l'âme en Dieu ; elle participe à la nature de Dieu par son union avec lui, bien que cette union ne soit pas l'union de leurs natures essentielles.

Pour plus de clarté, prenons une comparaison:

Voici un rayon de soleil qui donne sur une vitre.

Si la vitre est obscurcie par quelque tache ou quelque nuage, le rayon ne pourra pas l'illuminer entièrement ni la transformer totalement en sa lumière, comme il le ferait si elle était parfaitement limpide et libre de toute tache...

Ce ne sera pas la faute du rayon, mais de la vitre.

Si celle-ci était entièrement pure et libre, le rayon l'illuminerait et la transformerait de telle sorte qu'elle semblerait être le rayon lui-même et donnerait la même clarté que lui.

Il reste vrai que la vitre, bien que très semblable au rayon, garderait sa nature distincte.

Et cependant, nous pourrions dire que la vitre est devenue rayon de lumière par sa participation.

Il en va de même de l'âme.

Elle est continuellement envahie par la lumière de l'être de Dieu, ou plutôt cette dernière demeure en elle par nature.

Dès lors qu'elle consent à se défaire des voiles et des taches qu'impriment sur elle les objets créés, en d'autres termes, dès qu'elle a sa volonté parfaitement unie à celle de Dieu

– Car aimer Dieu, c'est travailler à se dépouiller pour Dieu de tout ce qui n'est pas Dieu

– Aussitôt elle se trouve illuminée et transformée en Dieu.



La Montée du Carmel, livre 2, ch 5 (trad. OC, Cerf 1990, p. 646 rev.)



Saint Jean de la Croix (1542-1591), Carme, Docteur de l'Église



Billet proposé par Aron O’Raney