Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Un Aperçu De L’Allégorie Maçonnique





Qu'est-ce que L'allégorie ?

Le terme Allégorie, provient du Grec állon « autre chose » et agoreúein, « parler en public », sa signification étymologique est « une autre manière de dire », à l’aide d'une image figurative ou figurée.

Selon le Littré de la Langue française, c’est aussi un Mode d'expression consistant à représenter une idée abstraite, ou une notion morale, par une image ou un récit, où souvent les éléments représentants correspondent trait pour trait aux éléments de l'idée représentée.

Dans une définition plus élémentaire : Faire une allégorie, c'est décrire ou raconter quelque chose avec l'intention de signifier autre chose.

L'image ou le texte allégorique présentent toujours un sens immédiat cohérent, mais ils trouvent leurs vrais sens intentionnels, dans un deuxième degré symbolique.

— Les paraboles du Nouveau Testament sont des allégories.

— Origene Dit : « C’est une chose avouée de tous ceux qui connaissent un peu les écritures, que tout y est enveloppé sous le voile de l'énigme et de la parabole ».

Ce docteur et ses disciples regardaient en particulier comme une allégorie, toute l'histoire d'Adam et Ève, et la fable du paradis terrestre.

— Philon, l’écrivain juif, pensait de même sur le caractère des livres sacrés des Hébreux. Il a ainsi élaboré deux Traités particuliers, intitulés Des allégories ; il rappelle au sens allégorique l'arbre de vie, les fleuves du paradis et les autres fictions de la Genése.

Quoiqu'il n'ait pas été heureux dans ses explications, il n'en a pas moins aperçu qu'il serait absurde de prendre ces récits à la lettre.

Aux époques fastes de l’initiation et de la spiritualité, dans l’Antiquité et le Moyen-Age, l’allégorie avait un immense prestige. Elle demeure toujours bien présente aujourd’hui, et nul enseignement initiatique ne pourrait s’en passer.

Tout le système maçonnique est basé sur l’emploi systématique du symbole, et de l'allégorie.


Tableau allégorique représentant les différentes étapes de l’initiation maçonnique, au XIXe siècle


La Franc-Maçonnerie n’est elle pas couramment résumée comme étant « un beau système de morale, enseigné sous le voile de l'allégorie, au moyen de symboles » ?

Alors comment le franc-maçon pourrait-il ne pas en user ?

Le maçon utilise les outils de la science sacrée, non pas pour en faire un usage pratique, mais bien plus pour en tirer les leçons morales qui se cachent derrière leurs apparences.

Il faut avoir à l’esprit que l'usage du langage, tel que nous le connaissons maintenant, est relativement récent dans l'histoire de l'Humanité.

A l'aube des temps, les hommes avaient recours aux symboles pour pouvoir transmettre la connaissance acquise.

Ils utilisaient aussi la transmission orale, sous la forme allégorique, des légendes et récits mythiques.

L'enseignement de la Science maçonnique est fondé sur les concepts émanant de ces principes, elle fait pleinement appel à l'ésotérisme.

L'accès à la Connaissance est protégé par les voiles qui occultent ce qui ne doit pas se divulguer, ou se savoir ; et c’est la clef du langage symbolique qui permet de dévoiler les messages enfouis.

La légende d’Hiram évoquée au troisième degré est une pure allégorie annonciatrice d’un message sur la Vie et la Mort ; le contenu symbolique, de la mort de l’homme Ancien et la Renaissance de l’homme Nouveau.

Il ne s’agit pas dans ce cas d’un aspect moral mineur, mais d’une pure réalité initiatique.

Pour essayer de découvrir le sens caché, il nous faut savoir, suivant le mode allégorique, que les discours et légendes du grade traitent de l’aspect second.

Ainsi, les vraies réponses sont à trouver. Leur sens doit être finement perçu, tout comme cela est pratiqué dans la critique et l’interprétation des textes bibliques, sur une base philologique.

Etant donné que le propos allégorique est de mettre sur la voie sans révéler, il faut se poser la question, de ce qu’il peut recouvrir.

La réponse escomptée aura forcément de multiples visages, en fonction de celui qui la pose, mais aussi différentes formes suivant le cas qui est soumis.

Comment cela s’explique-t-il ?

Il en est ainsi en raison de l’existence de la multiplicité des États et Prédispositions de l’Etre, mais également des différents degrés de conscience qui ne peuvent être « reçus » par les Uns ou les Autres.

Citons enfin pour achever notre propos, comme autre image d’allégorie maçonnique, celle du « Temple de Salomon » qui incarne le but ultime du travail et de la recherche du Maçon.





Aron O’Raney