Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Que Signifie Cette Justice ?






« La Palestine Revêt Plusieurs Sens. D'abord, Pour L'humanité Tout Entière C'est Un Lieu Sacré. Une Terre Sainte Pour Le Judaïsme, Le Christianisme, L'islam. »


« Géographiquement, la Palestine est au coeur du monde arabe et sa perte en 1948 poursuit jusqu'à maintenant la conscience arabe ; cette défaite historique fut une blessure, toujours ouverte.

Depuis plus d'un demi-siècle, la Palestine constitue pour le peuple arabe une référence, le symbole du paradis perdu.

Mais elle incarne également le combat pour la justice qui pour beaucoup d'Arabes, apparaît comme l'essence de leur existence contemporaine : la justice en Palestine représente en quelque sorte une condition d'exercice de leur propre liberté. »

« L’histoire de la Palestine a toujours été une histoire plurielle.

Et le conflit qui nous oppose aux Israéliens, sur le plan conceptuel, tourne autour de cela.

Eux voudraient que l’histoire de la Palestine commençât avec leur histoire, c’est-à-dire depuis les siècles où ils peuplèrent et régnèrent sur cette terre.

Comme si l’histoire s’était cristallisée et qu’il n’y avait rien avant et rien après.

L’État d’Israël d’aujourd’hui serait le prolongement naturel de cette période.

Nous, nous pensons que l’histoire de la Palestine débute depuis qu’il y a des hommes, du moins les Cananéens.

Et si elle se poursuit avec la période juive, et nous ne cherchons pas à le nier, l’histoire de la Palestine est plurielle.

Elle englobe aussi bien les Mésopotamiens, les Syriens, les Perses, que les Égyptiens, les Romains, les Arabes, plus tard les Ottomans.

Son histoire s’est peut-être faite dans la violence ; il n’empêche qu’elle est le fruit de la rencontre de tous ces peuples.

Cette pluralité est une richesse.

Et je me considère comme l’héritier de toutes ces cultures et ne me sens aucunement gêné de dire qu’il y a une part juive en moi.

Je n’arrive pas à concevoir une possession exclusive de ce territoire.

Je ne réponds pas aux Israéliens qui prétendent être dans le prolongement du royaume d’Israël que je suis le prolongement des Cananéens.

Je ne cherche pas à dire que j’étais là avant eux, je dis seulement :

Je suis le produit de tout cela et je l’accepte et je l’assume. »



Journal Libération — 10 mai 2003 —
Extraits d’un Interview de Rose Sean James


Mahmoud Darwich — (1941-2008)


Billet proposé par Aron O’Raney