Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

L’Homme Sage





— XXXIII —


Celui qui connaît les hommes est prudent.

Celui qui se connaît lui-même est éclairé.

Celui qui dompte les hommes est puissant.

Celui qui se dompte lui-même est fort.

Celui qui sait se suffire est assez riche.

Celui qui agit avec énergie est doué d’une ferme volonté.

Celui qui ne s’écarte point de sa nature subsiste longtemps.

Celui qui meurt et ne périt demeure à jamais.


— XXXIV —


Le Tao s'étend partout ; il peut aller à gauche ;
comme à droite.

Tous les êtres comptent sur lui pour naître,
et il ne les repousse point.

Quand ses mérites sont accomplis,
il ne se les attribue point.

Il aime et nourrit tous les êtres,
et ne se regarde pas comme leur maître.

Il est constamment sans désirs :
on peut l'appeler petit.

Tous les êtres se soumettent à lui,
et il ne se regarde pas comme leur maître :

On peut l'appeler grand.

De là vient que, jusqu'à la fin de sa vie,
le sage ne s'estime pas grand.

C'est pourquoi il peut accomplir de grandes choses.


— XXXV —
Le sage garde le Tao,
et tous les peuples de l'empire accourent à lui.

Ils accourent, et il ne leur fait point de mal ;
il leur procure la paix, le calme et la quiétude.

La musique et les mets exquis retiennent
l'étranger qui passe.

Mais lorsque le Tao sort de notre bouche,
il est fade et sans saveur.

On le regarde et l'on ne peut le voir ;

On l'écoute et l'on ne peut l'entendre ;

On l’emploie et l'on ne peut l'épuiser.

La Voie Du Tao, Livre I — XXXIIIXXXIV – XXXV — P 34, 35.
Texte Proposé par Aron O’Raney