Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Le Bien, C'est Aussi Le Beau





Le bien, c'est aussi le beau. Le bien désigne aussi ce qui est sain ; il est relié à Dieu, aux principes les plus nobles.

Le mot bien doit être compris de manière très claire.

Quand le bien est en vous, que la bonté vous habite, alors tout ce que vous ferez sera bien : vos relations, vos actions, votre mode de pensée.

Et il est possible d'avoir une perception instantanée de la pleine signification de ce mot, de son caractère exceptionnel.

Si vous le voulez bien, réfléchissons ensemble attentivement à cette question, car si vous allez vraiment au fond des choses, cela affectera votre conscience et votre façon de penser et de vivre.

C'est pourquoi je vous invite à accorder un peu d'attention à la compréhension de ce mot. Le mot n'est pas la chose.

Certes, je peux décrire une montagne de façon merveilleuse, je peux la peindre, ou écrire sur elle un poème, mais le mot, la description, le poème ne sont pas la réalité authentique.

Nous nous laissons trop souvent emporter, sous le coup d'une émotion irrationnelle, par la description, par le mot.

Le bien n’est pas l’opposé du mal, le bien est sans aucun lien avec la laideur ou le mal, ni avec ce qui est malfaisant ou dénué de beauté. Le bien existe indépendamment de tout.

Si vous dites que le bien est l’aboutissement ultime du mal ou de la laideur, alors c’est qu’il porte en lui le mal, la laideur, la violence. Or le bien ne saurait en aucun cas avoir le moindre lien avec ce qui n’est ni bien ni juste.

Le bien est absolument incompatible avec la soumission à une quelconque autorité.

L'autorité est une chose extrêmement complexe : il y  a l'autorité des lois élaborées par l'homme au fil des siècles ; il y a les lois de la nature ; il y a aussi la loi née des expériences que nous avons vécues et à laquelle nous obéissons, et la loi que nous dictent nos réactions mesquines qui sont prépondérantes dans notre existence.

Et il y a enfin la loi des institutions, celle des croyances organisées, que l'on nomme religions ou dogmes. Or, nous le disons, le bien est sans aucun lien avec l'autorité sous quelque forme que ce soit.

Regardez les choses en face, examinez-les.

Le bien n’est pas une démarche conformiste. Si vous vous conformez à une croyance, à un concept, à une idée ou à un principe, ce n’est pas bien, car c’est une source de conflit.

Le plein épanouissement du bien ne passe pas par un intermédiaire, ni par une figure religieuse, un dogme ou une croyance.

Le bien ne peut fleurir que sur le terreau de l’attention totale, où l’autorité n’a pas cours.

La quintessence du bien, c’est un esprit dénué de tout conflit. Et le bien suppose d’immenses responsabilités.

On ne peut être juste et bon, et tolérer les guerres.

Le juste se sent donc pleinement comptable de chacun des aspects de son existence.



Extraits de « Cette Lumiére en Nous »


Jiddu Krishnamurti (1895-1986)
Billet proposé par Aron O’Raney