Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

L'espace Sacré Du Temple Égyptien






Des Temples Évolutifs

On a longtemps pensé qu'il existait une sorte de plan type applicable à tous les sanctuaires.

Cela n'est vrai qu'à l'époque tardive; car le temple égyptien était en perpétuelle évolution.

Chaque souverain y apportait sa contribution, réaménageant les lieux selon les rites locaux.

La maison d'un Dieu était donc sans cesse rebâtie ou agrandie, les constructions antérieures étant conservées dans les extensions plus récentes; ou déconstruites pour leur réutilisation.

La Demeure Du Dieu




Néanmoins, même lorsque la répartition des espaces n'obéissait pas strictement à un schéma prédéfini, la progression vers le sanctuaire suivait des règles comparables d'un temple à l'autre.

Lors du rituel de l'Ouverture de la Bouche, un officiant animait la statue d'un Dieu en touchant les orifices du visage avec des objets sacrés.

La divinité, à qui l'on octroyait ainsi l'usage de ses sens, pouvait dès lors communiquer avec les humains.

Elle venait habiter sa demeure terrestre, entendait les prières, respirait les fumigations d'encens et se nourrissait symboliquement des offrandes déposées sur ses autels.

Le temple était conçu comme la maison du Dieu, mais c'était aussi le réceptacle d'une part de l'énergie divine qu'il fallait protéger des atteintes du monde profane.


L’Espace Sacré




A l'entrée, un pylône symbolisant l'horizon encadrait la lourde porte dont les vantaux étaient en bois rehaussé d'un décor réalisé en métaux précieux.

Il donnait sur une cour à ciel ouvert entourée d'un péristyle.

Une première salle dont le plafond était soutenu par des colonnes « hypostyle » marquait l'entrée dans la partie la plus intime du temple.

Plusieurs pièces, de plus en plus obscures, se succédaient ensuite jusqu'au lieu où étaient déposées les offrandes, devant le naos où était gardée l'effigie divine.


Les Espaces Annexes




Le portail principal du temple s'ouvrait en général dans l'axe du sanctuaire.

Il donnait sur une vaste esplanade, le parvis du Dieu.

Cet espace était accessible aux profanes qui venaient y déposer des ex-voto ou soumettre des questions, parfois pratiques, aux prêtres.

Lors des grandes fêtes, lorsque les divinités sortaient en procession, la foule s'amassait sur le parvis pour approcher son Dieu qui rendait des oracles à cette occasion.

Une enceinte de briques crues cernait l'aire sacrée, qu'elle isolait du monde profane.

D'imposantes portes construites en pierre permettaient d'accéder au « temenos ».

Une part importante de l'espace était réservée aux bâtiments fonctionnels.

Bureaux et résidences des prêtres en service côtoyaient les édifices destinés à la préparation des offrandes comme les boucheries, boulangeries...

Maison de vie et bibliothèques étaient consacrées à la préservation et à la transmission du savoir.

Le temple avait besoin de vivres pour alimenter les autels et, surtout, pour le nombreux personnel nécessaire à son fonctionnement.

De riches domaines agricoles étaient alloués au temple par le souverain. Officiellement, la demeure divine ne bénéficiait que de leur usufruit et devait l'impôt au roi.

Dans la pratique, les prêtres conservaient la propriété de ces domaines et de nombreuses exemptions les dispensaient de payer les taxes.


Source : indéfinie
Billet proposé par Aron O’Raney