Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Hatchepsout, La Célèbre Reine D'Égypte Ancienne





Hatchepsout fut l'unique femme à se faire sacrer pharaon sous l'Egypte antique.
Hatchepsout règne durant l’âge d’or de l’Egypte pharaonique, vers 1600 ans avant Jésus-Christ.
Elle appartient à la XVIIIe dynastie, une des plus illustres. En effet, les pharaons Toutankhamon, et Aménophis IV, appartiennent également à cette lignée.
Aménophis IV, qui change son nom en Akhenaton et crée la ville d’Akhetaton, l’actuelle Tell el-Amarna, en l’honneur du dieu solaire unique : Aton.
Une femme de « poigne »
Les historiens situent son règne de 1479 à 1457 avant Jésus-Christ, environ.
Mariée à son demi-frère Thoutmosis II (qui meure jeune), elle porte le titre de cogérante, mais c’est elle qui dirige véritablement le pays.
Elle se fait même sacrer pharaon, avec l‘appui du clergé d‘Amon (l‘une des principales divinités du panthéon égyptien).
Dès lors, elle porte la barbe postiche (attribut que le pharaon partage avec les divinités), le némès (la coiffe royale), et le pagne court ; au lieu de la robe fourreau habituellement réservée aux femmes.
Sa célébrité est due à sa volonté de se faire représenter en homme.
Beaucoup pensent qu’elle a évincé du trône le véritable héritier.
Par ailleurs, les conflits sont nombreux avec son neveu et successeur : Thoutmosis III.
Ce denier fait même marteler les inscriptions, et son nom, sur son temple de Deir-el-Bahari, quand il monte sur le trône.
Un règne pacifique
Après des années de guerre – les Egyptiens ont reconquis leur indépendance sur les Hyksos : une population pluriethnique, venue d’Asie de l’ouest ; au milieu du second millénaire avant Jésus-Christ – Hatchepsout désire engager un règne de paix.
Elle construit des obélisques, embellit de nombreuses villes : Karnak, Edfou, Abydos, jusqu’en Nubie (actuellement une région du nord du Soudan).
Son plus grand projet reste son temple funéraire de Deir-el-Bahari, aussi appelé Temple des Millions d’années.
L’architecte en est Senenmout, favori de la reine, que l’on soupçonne d'avoir été son amant.
Elle dirige aussi l’expédition vers le pays du Pount (dont la localisation est encore incertaine), à l’est, au-delà de la mer Rouge.
Elle en rapporte des parfums pour les dieux, des peaux de léopard, de l’or, des boutures d’arbres… Enfin, sous son règne, se développent l’agriculture, l’artisanat, le commerce et les échanges avec les pays voisins : calcaire, albâtre, turquoises, bois.
Une fin relativement... banale
Hatchepsout disparaît dans des conditions mystérieuses.
Cependant, en 1903, l’égyptologue Howard Carter découvre son tombeau.




Il découvre celui de Toutankhamon quelques années plus tard.
Les examens effectués sur sa momie révèlent une femme obèse, d’une cinquantaine d’années, souffrant d’un cancer des os, et de diabète.
De plus, c’est un abcès dentaire mal soigné, qui aurait hâté son décès.
Hatchepsout reste malgré tout un personnage de légende, de l’histoire de l’Egypte antique.
On peut affirmer qu’elle a montré la voie à d’autres femmes de grande envergure, telle la célèbre Cléopatre VII Théa Philopator…
la dernière reine d’Egypte.

Source : Jocelyne Godard, Les Thébaines, Le Semaphore, 1998.
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Texte proposé par Aron O’Raney