Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Annonciation Du Seigneur







L'Annonciation de la Sainte Vierge et l'Incarnation de Jésus-Christ, base de notre sainte religion, ne forment, pour ainsi dire, qu'un seul et inséparable mystère.

Depuis plus de quatre mille ans, la terre attendait le Sauveur promis ; l'heure de la délivrance a sonné enfin : voici le Rédempteur !

Une scène d'une grandeur toute mystérieuse se passe dans les splendeurs du Ciel ; la sainte et adorable Trinité tient conseil.


Pour réparer l'injure infinie faite à la Divinité par le péché, il faut une réparation infinie et par conséquent divine : le Fils de Dieu descendra de son trône éternel,

Il prendra une chair humaine et sera tout ensemble Dieu et homme : homme parce qu'il faut une victime, Dieu parce qu'il faut une victime digne de Dieu.


Le message céleste est confié à l'Archange Gabriel.

Où trouvera-t-il Celle qui, d'après les plans divins, doit donner naissance au Sauveur du monde ?

Sera-ce dans un grand empire ?

Non, mais dans la petite province de Galilée, perdue au milieu de l'immense Empire romain.

Il convient du moins de prendre sur un trône Celle qui doit devenir la Mère de Son Dieu ?

Non encore : il y a dans la petite ville de Nazareth une humble et pauvre maison où habite une jeune vierge inconnue ; son nom est Marie ; elle est la chaste épouse d'un ouvrier, le chaste Joseph.

En ce moment, Elle prie à genoux, et soupire peut-être après la venue du Messie promis.

L'Ange soudain paraît devant Elle : « Je Vous salue, pleine de grâce, dit-il, le Seigneur est avec Vous, Vous êtes bénie entre toutes les femmes ! »


Marie se trouble, à ces étonnantes paroles.

L'ange ranime aussitôt la confiance de la timide vierge : « Ne craignez rien, Marie, ajoute-t-il, Vous avez trouvé grâce devant Dieu ; Vous concevrez et Vous enfanterez un Fils,

À qui Vous donnerez le nom de Jésus ; il sera grand, et on L'appellera le Fils du Très-Haut, et Son règne n'aura pas de fin. »


Quelle promesse, quel honneur et quel bonheur !

Mais comment s'opérera cette merveille en Celle qui a voué à Dieu sa virginité ?

La réponse est facile à l'envoyé du Ciel : « L'Esprit-Saint descendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de Son ombre. »

Marie n'a plus qu'à prononcer le Fiat qui va faire tressaillir la terre d'espérance : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. »


À cet instant béni, le mystère s'accomplit, le Verbe Se fait chair, et Marie pourra entonner bientôt le cantique de la reconnaissance : « Mon âme glorifie le Seigneur,

Et mon coeur exulte en Dieu mon Sauveur ! À cause des grandes choses que Dieu a opérées en moi, toutes les nations m'appelleront bienheureuse ! »


Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950


Abbé L. Jaud



Billet proposé par Aron O’Raney