Ici-bas

Comme Le Torrent Se précipite Vers La Mer, Comme Le Soleil Et La Lune Glissent Par Delà Les Montagnes Du Couchant, Comme les Jours Et Les Nuits Les Heures Et Les Instants S'enfuient, La Vie Humaine S'écoule Inexorablement. Padmasambhava (VIIIe Siècle)

Philosopher, C'est Peut-Être Apprendre À Mourir





La Mort En Arrière-Plan

L'étude de cette notion s'accompagne, d’un questionnement sur la mort, condamné probablement à demeurer sans réponse,

Puisque pour connaître « l’après mort », il faudrait avoir quitté la vie...


La conscience de notre propre finitude peut toutefois s'accompagner de sentiments positifs ;

elle devrait même, selon Nietzsche, entraîner une certaine allégresse et favoriser une qualité de vie supérieure,

Voire le développement du bonheur et de l'épanouissement personnel, à la fois sensuel et intellectuel.


« Humain trop humain », où Nietzsche déclare que les hommes ont réussi à transformer en parfum nauséeux et malsain l'idée de mort et de finitude,

Alors même qu'elles devraient nous rendre plus légers, plus vivants, plus enthousiastes.


De nombreux penseurs et philosophes, bien qu'ils soient en désaccord sur certains points à propos de la finitude et de ses implications,

s'accordent cependant à reconnaître que la dimension et la signification de la vie, ainsi que la manière dont il conviendrait de la vivre le mieux possible,

changent radicalement si on la considère avec, en permanence,

À l'arrière-plan, la conscience de notre propre fin.


Pour Sénèque, dans « la vie heureuse » ; un discours sur la brièveté de la vie ;

la vie est liée au caractère inéluctable de la mort, mais aussi, intrinsèquement, au « mystère de la vie »,

Source inépuisable d'inspiration artistique.

Peut-être même que la notion d'art n'aurait pas de sens sans elle.


Bien que de nombreux moralistes aient abondamment traité de l'attitude à avoir devant la mort, la sienne ou celle des autres,

La mort n'est pas à proprement parler une question philosophique.


Cependant, elle s'inscrit dans les réflexions sur la nature de l'homme et l'on peut en distinguer diverses conceptions.

Pour les doctrines opposant le monde sensible au monde intelligible, les apparences à la vérité,

Le temps à l'éternité, l'homme est fait d'un corps périssable et d'une âme immortelle.


Ainsi Platon, Descartes ou Malebranche considèrent-ils

– avec des divergences notables, bien qu'on les rapproche souvent en les englobant sous le qualificatif de dualistes –

Que la mort n'est que la fin de la vie terrestre, non la rencontre avec le néant.

La croyance en l'immortalité, ou en l'éternité de l'âme se retrouve dans les religions.


Un autre dualisme, celui d'Aristote par exemple, ne conçoit pas la survie de l'âme,

Forme et principe actif de la matière, séparée de cette matière.


Pour le matérialisme antique, l'âme est constituée d'atomes qui se dissipent dans l'Univers

« Comme la fumée dans l'air ».


Marx et Comte, niant l'existence d'une réalité spirituelle,

Ne reconnaissent comme immortalité à l'homme que celle de la mémoire de l'humanité en devenir.


L'existentialisme considère la mort comme une dimension constitutive de l’existence ;

Heidegger définit l'homme comme « l’Être pour la mort », qui lui donne un caractère absurde.


Quelle que soit la rationalité avec laquelle on aborde la question,

Elle n'élimine pas l'angoisse ressentie devant le phénomène et qui certainement est exprimée avec le plus de justesse par les poètes.



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Billet proposé par Aron O’Raney